Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

L'avènement d'Astre d'Or

 L'avènement d'Astre d'Or

Au commencement était le Chaos, au commence­ment étaient les Majdars.

Et les Majdars erraient à travers le cosmos vide et désolé en quête d'une terre où ils pourraient enfin s'établir. Un jour lointain, dans cette nuit des temps, leur apparut la planète que les humains nomment Magnamund.

Les Majdars contemplèrent Magnamund et se réjouirent. Ils virent les cimes et les vallons, les forêts, les jungles folles ; ils virent cette terre fière, farouche et libre et ils surent que leur errance avait pris fin. Désormais, ce sol sauvage leur offrirait asile et subsistance et, en retour, ils en feraient l'objet de leurs savantes recherches et de leurs soins. Et il en fut ainsi.

C'est alors qu'une nouvelle espèce apparut sur Magnamund : les Humains. Sous le regard protec­teur et bienveillant des Majdars, ces hommes et ces femmes en devenir luttaient pour leur survie, pour faire bourgeonner et grandir les premiers germes de leur civilisation. Et les Majdars, auréolés de mystère, grand et altier comme des dieux, usaient de leurs pouvoirs magiques pour aider l'Homme à pro­gresser. Plusieurs siècles s'écoulèrent, et les Humains en vinrent à idolâtrer ces êtres magiques dont le savoir s'étendait chaque jour davantage. Assoiffés de connaissance, insatiables de découvertes, les Majdars s'employaient sans relâche à décrypter les énigmes du monde, explorant les champs connus et inconnus de l'existence, détachant leurs esprits de leurs corps pour les envoyer étudier des sphères étranges, au-delà du matériel. Grande était leur prescience, en vérité, grand le pouvoir de leur pensée.

Les Majdars créèrent alors la Pierre-de-Lune. Ce joyau, taillé dans les rayons du Champ Astral de Noctiurne, était la somme du Savoir et de la Sorcel­lerie des Majdars, la pierre philosophale de leur Magie, la consécration de leur Sagesse. Car l'Age d'Or des Majdars était arrivé, et la Pierre- de-Lune était l'instrument de leur domination sur Magnamund. Aveuglés par le rayonnement de la gloire Majdar, les Humains ne semblaient guère plus que des ombres.

Mais la Pierre-de-Lune transgressait les lois implici­tes de la Nature. De même que les Majdars, elle pro­venait d'un monde extérieur à celui des Hommes, et sa présence sur Magnamund ébranlait l'ordre établi par les créateurs de la Planète et menaçait l'équilibre voulu par les dieux.

Alors la déesse Ishtar, Grande Prêtresse de la Lune et mère de tous les Humains, apparut aux Majdars et leur parla du destin de l'humanité : « Il est temps que les enfants de cette terre réclament leur héritage et leur indépendance. Leur heure est maintenant venue. Ils se sont perdus dans l'adoration de vos pouvoirs, mais le jour est proche où ils convoiteront la Pierre-de-Lune. » Et les Majdars répondirent : « Pardonne-nous, Grande Prêtresse, car nos intentions étaient pures. Nous aussi, nous chérissons les Hommes, et nous nous efforcions simplement d'aider et de protéger tes enfants. »

Alors Ishtar leur dit : « De la pureté de vos cœurs, je n'ai pas douté un seul instant. Mais l'humanité doit vivre libre, et cette planète n'est point de votre royaume. Il vous faut la quitter afin que les Hommes puissent aller seuls vers leur destin, car vous empiétez sur leur territoire. »

Ces paroles emplirent le cœur des Majdars d'effroi. Se voyant à nouveau condamnés à errer dans le Néant, ils supplièrent la déesse de les laisser vivre sur Magnamund. Ishtar fut prise de pitié et leur dit : « N'ayez crainte car grande est ma clémence. Vous pourrez demeurer sur Magnamund, mais il vous faudra vous plier à mes commandements. J'exige que vous juriez solennellement de ne plus jamais ten­ter d'infléchir le destin des Hommes. La Pierre-de- Lune sera le prix de votre serment, car vous allez y renoncer et la rapporter au Champ Astral dont elle est issue. »

Et les Majdars donnèrent leur parole. Ils firent ser­ment devant Ishtar et rendirent la Pierre-de-Lune à la planète Noctiurne. Puis ils s'exilèrent. C'est au sud de Magnamund, dans la mer des Rêves, qu'ils trouvèrent refuge ; et l'île de la Désolation devint leur nouvelle patrie. Là, les Hommes ne pourraient jamais soupçonner leur présence. Pour mieux s'en garantir, les Majdars firent appel à la sorcellerie : l'île fut encerclée de mirages, de brouillards trom­peurs et de vents magiques, de telle sorte qu'aucun Humain ne pourrait l'apercevoir, ni encore moins l'approcher. C'est ainsi qu'au fil du temps les Hommes oublièrent les Majdars. Seules les provinces du Sud se rappe­laient ces êtres magiques et auréolaient leurs souve­nirs de croyances et de légendes fantastiques. Là- bas, les grands prêtres du culte Majdar perpétuaient la doctrine et les rites de génération en génération, dans l'attente du retour des « Anciens ». Quand les Majdars reviendraient, prophétisaient-ils, l'huma­nité connaîtrait enfin la paix et l'harmonie.

Plus de deux mille ans s'écoulèrent. Comme l'avait annoncé Ishtar, l'Homme grandissait. Il érigea des villes et des empires, travailla la terre, connut l'amour et la haine, apprit la guerre et la conquête. Il était devenu maître de son destin. Or une nouvelle puissance émergeait dans les provinces de Chadaki. Là régnait Charatchak, le redoutable Roi-Démon. Ce nécromancien, fervent adepte de magie noire, ini­tiateur de cultes sataniques et de sacrifices humains, avait converti à sa religion du Mal une cohorte de brutes épaisses et assoiffées de sang. Bientôt les ter­res de Chadaki furent le théâtre d'un horrible car­nage : sans merci, les soldats de Charatchak persécu­taient tous ceux qui refusaient d'adopter le nouveau culte. Quand, à force de massacres, Chadaki fut sou­mise à leur pouvoir, le Roi-Démon et sa meute parti­rent en guerre contre les provinces voisines. Ce fut un épouvantable bain de sang : l'une après l'autre, les nations tombaient et, sur leurs ruines encore fumantes, Charatchak bâtissait son empire du Mal. Impuissants et le cœur brisé, les Majdars regardaient l'humanité ployer sous le joug du démon, et le ser­ment fait à la déesse Ishtar leur était une cruelle tor­ture.

Le jour où Charatchak fut couronné Grand Sei­gneur de l'Empire Chadakine, une tempête d'une force surnaturelle ravagea la mer des Rêves. Tout le jour et toute la nuit, la tornade fit rage. Bravant les sortilèges qui entouraient l'île de la Désolation, les eaux déchaînées venaient déferler sur le rivage ; les vagues, lacérées par la pluie et le vent, transpercées par la foudre, éclataient avec violence aux gronde­ments du tonnerre. Vint enfin le petit matin, et avec lui le calme des eaux. Alors les Majdars aperçurent avec stupeur un bateau échoué sur le rivage. Jamais auparavant un tel prodige ne s'était produit, car les brouillards et les vents magiques avaient toujours tenu les Hommes au large de l'île et protégé les Maj­dars de leur curiosité.

Les Majdars se précipitèrent vers l'épave. Seul survi­vant du naufrage, un bébé pleurait. Pour ces êtres doués de prescience, l'arrivée d'un petit d'homme sur leur rivage était un signe du destin : ils conçurent aussitôt un plan pour sauver l'humanité sans manquer à leur serment. Le petit orphelin reçut le nom d'Astre d'Or : Astre car les étoiles sont symbole d'espoir chez les Majdars, Or car un fil blond brillait dans la chevelure noire de jais du bébé. Dans l'om­bre de l'irascible déesse Ishtar, les Majdars élevèrent l'enfant comme l'un des leurs et l'initièrent à leurs secrets. Ils ne s'épargnèrent aucun effort pour édu- quer le petit Humain, puisque leur but était d'en faire le sauveur de son peuple. Fort de la Sagesse et de la Magie Majdars, le fils d'homme pourrait affronter Charatchak. En effet les Majdars le savaient bien : seule la mort du tyran de Chadaki libérerait l'humanité et la rendrait à nouveau maî­tresse de son destin.

Votre mission(*)

Vous êtes Astre d'Or, seul Humain au monde à avoir été initié à la Sorcellerie des Sages Majdars. Jusqu'à l'âge de seize ans, vous avez grandi sous leur protec­tion, dans leur royaume caché de l'île de la Désola­tion. C'est alors qu'Arakya, Grand Sorcier des Maj­dars, vous confia une mission extrêmement périlleuse : sauver les Hommes, vos frères, de la tyrannie de Charatchak, l'abominable Roi-Démon de Chadaki. Tenus par le serment fait à la déesse Ishtar de ne jamais intervenir dans le destin de l'hu­manité, les Majdars ne peuvent pas quitter leur île ; vous, en revanche, qui êtes humain, n'êtes lié par aucune promesse, aussi avez-vous été désigné pour partir à la quête de la Pierre-de-Lune qui vous per­mettra de renverser le Roi-Démon. La Pierre-de-Lune, quintessence de tous les pouvoirs Majdars, se trouve cachée dans le Champ Astral de la planète Noctiurne, auquel on ne peut accéder que par la porte de l'Ombre. Cette dernière est mobile et ne demeure jamais plus d'un jour au même endroit et, de surcroît, elle est invisible aux yeux des Humains. C'est pourquoi vous êtes parti à la recher­che des Kundis, une tribu d'êtres primitifs mais doués de pouvoirs magiques. Ils possèdent notam­ment le don de Vision Astrale qui leur permet de voir les portes des autres champs cosmiques. Après avoir traversé la mer des Rêves, vous avez accosté à Shuni, le plus grand port de l'Empire Chadakine. C'est là que vous vous êtes lié d'amitié avec Chan-Li, un voyageur au long cours plein d'humour et de bonhomie, qui décida sans hésiter de vous guider à travers les terres inconnues de l'Empire Chadakine. Hélas ! votre expédition tourna rapide­ment court : vous capturant par surprise, les immon­des gardes Chadakines vous jetèrent tous deux dans un cachot humide au fond de la halle aux Correc­tions, bastion de Mère Magri, sorcière déléguée par Charatchak pour faire régner la terreur sur la ville de Shuni. Que seriez-vous devenu sans Tanid, la jeune apprentie de Mère Magri ? Avec un courage exemplaire, la jeune fille vous aida à vous enfuir de la citadelle. Plus tard, vous voyant menacé par un Klaysha mangeur d'âmes, Tanid se sacrifia pour vous sauver la vie : recourant à un sortilège, elle attira sur elle l'attaque du Klaysha, et tous deux dis­parurent dans un crépitement de flammes. Maintes aventures et péripéties devaient encore jalonner votre route, et c'est à bout de forces que vous étiez enfin parvenu au royaume d'Azanam, où vivent les Kundis. Urik le Sage, Vieux Sorcier des Kundis, décida de vous mener lui-même à la porte de l'Om­bre. Guidé par la vision du Sorcier, vous vous êtes mis en route sans tarder, faisant fi des mille et un pièges et dangers dont regorgent les terres Chadaki­nes. Vous venez de traverser la sinistre Cité Interdite de Gianima, ville morte qui se dresse dans les monts de Gorn, et vous voici maintenant enfin parvenu à la vallée de la Désolation, au seuil de la porte de l'Ombre. Avec un frisson d'horreur, vous reconnais­sez une silhouette familière : celle du Klaysha auquel Tanid s'était sacrifiée. Le mangeur d'âmes garde la porte de l'Ombre, et sa jeune captive, prisonnière à jamais de Charatchak, vous regarde avec espoir. Vous parvenez à chasser le Klaysha et vous prenez congé d'Urik, le cœur étreint par une indicible émo­tion. Vous avancez maintenant vers la porte de l'Ombre...

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article