Lecture des livres dont vous êtes le héros
27 Janvier 2013
L'homme a parlé de guerre, c'est là un excellent moyen de l'émouvoir.
— Mes parents ? ils sont morts, déclarez-vous d'un ton pathétique, la guerre les a tués.
Votre ruse n'a rien de glorieux ; vous venez tout juste de mettre le pied à la surface de la Terre et, déjà, vous vous conduisez à la manière des hommes : en employant le mensonge et l'artifice. La méthode est efficace, cependant : l'inconnu vous regarde avec compassion ; de toute évidence, vous avez touché un point sensible.
— Ah, la guerre, soupire-t-il, elle est partout, elle déferle du nord au midi, de l'est à l'ouest, elle fait rage depuis tant et tant d'années qu'elle pourrait bien durer cent ans. La guerre, je l'ai faite, poursuit-il, l'air accablé, vingt années de guerre au service du Royaume de France, vingt années de fer et de sang, vingt blessures, une par an, et sans doute davantage. Aujourd'hui enfin, me voici de retour chez moi en quête d'un peu de tranquillité. Mais à peine me suis-je défait de mes armes et de ma cotte de mailles que tu viens t'en emparer au coeur de mon propre logis. Sais-tu t'en servir, au moins ?
— Mieux que personne ! répliquez-vous avec assurance.
L'homme a un sourire paternel : votre aplomb l'amuse.
— Moi aussi, je pensais cela, à ton âge, dit-il, et j'en tirais fierté, mais à présent, je souhaiterais n'avoir Jamais touché une épée. La mienne a trop souvent ruisselé du sang de mes ennemis, je ne veux plus tuer, plus jamais. Aussi, garde-la, garde également mon poignard et ma cotte de mailles. Je suis trop heureux de m'en débarrasser et si mes armes te protègent, au moins auront-elles encore servi à quelque chose. Tout cela est à toi, désormais, Eudes le Doux te le donne.
— Eudes le Doux ? répétez-vous d'un ton interrogateur.
— C'est mon nom, Eudes le Doux, au service du Roi de France. Mais dis-moi, puisque tes parents sont morts, n'as-tu pas d'autre famille? Ou des amis ?
L'homme vous a donné ses armes : voilà déjà un résultat appréciable. Mais peut-être pourrez-vous obtenir davantage ?
Si vous souhaitez lui parler de Gnyok le Preux.
Si vous préférez ne rien lui dire du Messager du Temps, de peur de Commettre un impair.