Lecture des livres dont vous êtes le héros
12 Juin 2013
Autour de vous, des exclamations l'usent, des cris de surprise et de haine, des malédictions et des plaintes terrorisées. Tout cela se mélange en un chœur hideux que vous voulez faire taire à tout prix ! Deux autres fanatiques s'écroulent, égorgés, des membres sectionnés voltigent autour de vous. Vous courez presque à présent, emporter vers le sacrificateur en un élan furieux. La rage de tuer anime votre bras comme une mécanique, vous empoignez un cimeterre de l'autre main et taillez dans la foule compacte pour vous frayer un chemin. Perdu dans un brouillard sanglant, vous tuez encore et encore, tandis que les adorateurs du Mal, consternés, reprennent lentement leurs esprits!
Mais déjà vous êtes sur le Grand Prêtre de Kali ! Celui-ci abaisse la lame vers le cœur de sa victime, mais vous réagissez plus vite: enfonçant le cimeterre dans la poitrine d'un Thug pour vous en débarrasser, vous attrapez l'avant-bras du prêtre et le tordez cruellement. Celui-ci pousse un cri de désespoir.
«Dieu est avec moi! Hurlez-vous en brandissant le Katar Sacré. Je suis votre destruction ! »
Un sourd grondement semble agiter les parois noires: Kali proteste contre votre intrusion! Une intense jubilation s'empare de vous. Mais à cet instant, le prêtre échappe à votre étreinte et disparaît dans le sol comme par magie ! Non, c'est une trappe qui vient de s'ouvrir sous ses pieds. Vos doigts se referment seulement sur la chaîne d'une amulette qu'il portait autour du cou. Il lâche un cri de douleur car la chaîne casse, sous le choc, laissant sur son cou une trace pareille à celle d'un fer rouge. La statue de Kali se fendille, ses yeux de pierre pleurent des larmes de sang. Vous ne comprenez plus rien à cette apocalypse incontrôlable. Parmi la foule des fidèles, une terreur inexplicable se répand.
Comme dans un rêve, vous assistez à la fin de l'île des adorateurs de Kali. Les murs de métal noir s'effondrent, subitement lézardés. L'énorme statue de Kali s'écroule en blocs épais qui écrasent des fidèles agenouillés. Les prières des vivants se mêlent aux cris des mourants. Vous vous voyez pourfendre d'autres Thugs, éviter la chute des pans de mur, courir en haletant vers la berge du fleuve. Vous détachez une barque et maniez l'aviron comme un possédé, insensible à la douleur on à la fatigue. Quand enfin vous atteignez le rivage du côté de la ville, c'est pour contempler, dans un état second, la petite île qui s'enfonce dans le fleuve au milieu d'un bouillonnement rougeâtre.
Dans le ciel, l'éclipse se termine. La lumière bénéfique du soleil réapparaît. Vous perdez connaissance.