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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Quelques minutes plus tard, après avoir confié votre destrier à l'une des sentinelles qui montent la garde aux portes du palais, vous entrez dans une grande cour pavée de larges dalles de granit, laissant derrière vous, au-delà d'un immense parvis, la cathédrale de Séléite. Comme chaque fois que vos pas vous conduisent en ce lieu, vous vous émerveillez de la beauté non seulement de la cathédrale, vieille de plus de mille ans, mais aussi du palais, construit au cours des cinquante dernières années. Les architectes et les artisans de cette ville ont vraiment beaucoup de talent, pensez-vous en retrouvant dans le palais la perfection des proportions dans l'utilisation de la pierre et la subtilité des jeux de lumière tamisée par des vitraux aux couleurs éclatantes. Averti par un coup de gong donné dès votre arrivée, un chambellan vous accueille à l'entrée de l'édifice réservée aux proches de Ninteloth. A sa suite, vous traversez le hall des cent piliers, vous grimpez les cinquante marches de l'escalier d'honneur, vous empruntez un long couloir sans prendre le temps d'apprécier la valeur des innombrables peintures et sculptures qui s'y trouvent entreposées, de nouveau un escalier, plus étroit et plus raide, puis vous franchissez enfin le seuil d'une massive porte de bois, protégée par deux soldats de la garde personnelle du gouverneur. Du fond de la vaste salle dans laquelle vous venez d'entrer s'élève aussitôt une voix flûtée :

- Bienvenue, messire. J'attendais votre passage avant de partir pour Elvanine. Je tenais à vous présenter tous mes vœux de réussite dans votre noble mission.

Bien que vous ayez déjà rencontré Ninteloth à plusieurs reprises, c'est toujours avec étonnement que votre regard se pose sur cet homme de petite taille et de forte corpulence, et sur son mobilier, plus proche de celui d'un nomade des steppes ou du désert que de celui d'un gouverneur rompu aux fastes de la vie de château. Assis sur de larges coussins de soie, entouré de plateaux d'or et d'argent chargés de friandises et de fruits, il vous fixe de ses petits yeux noirs, d'un regard si vif et si pénétrant que vous en oubliez aussitôt les innombrables rides de son visage. Sa tête, énorme, dodeline doucement, agitant le bandeau rouge qui tombe de son front jusqu'à son ventre proéminent quand, tandis que vous le saluez comme il convient d'honorer l'un de ses pairs, il s'adresse de nouveau à vous.

- L'ami qui entre dans ma demeure souhaite-t-il boire ou manger ? A moins qu'il ne préfère prendre un bain, se reposer ou entendre un air de musique ?

- J'accepte avec plaisir de trinquer avec vous d'un verre de ce vin dont vous avez le secret, répondez-vous à votre hôte.

- Je reconnais bien là la marque d'un connaisseur, poursuit Ninteloth en claquant trois fois des mains. Prenez place, messire. Me ferez-vous l'honneur de résider cette nuit dans mon palais ?

Si vous acceptez l'invitation.

Si vous la refusez, prétextant de la nécessité de votre présence auprès de vos hommes.

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