Lecture des livres dont vous êtes le héros
23 Février 2013
- Je n'en attendais pas moins de vous, sire Péreim. Vous faites honneur à votre titre de seigneur chevalier.
Comme surgi de nulle part, un vieil homme s'appuie contre un montant de la porte. Le visage joufflu barré par d'épais sourcils broussailleux, un nez long et droit souligné d'une abondante moustache, rien dans ce visage ne signale le moindre danger si ce n'est ce regard étrange, ces yeux d'améthyste qui paraissent habités d'une lueur surnaturelle... Avant que vous n'ayez pu esquisser un geste, votre épée surgit de sa gaine de cuir, s'envole dans les airs, puis se pose doucement sur les mains tendues du vieil homme.
- Alors, ma belle Assilane, on est heureuse de retrouver son créateur ?
En réponse, la lame vibre d'un ton cristallin puis, comme à regret, elle retourne vers vous. Au moment où elle se pose délicatement sur votre paume, une impression de jubilation intense vous submerge... Votre intuition vous dit que votre épée sait ce qui va se passer. Tout à coup, le vieillard se dresse et, d'un bond prodigieux, il atterrit à une cinquantaine de mètres de la porte ! Il étend lentement les bras et se métamorphose à une vitesse ahurissante : sa taille ne cesse d'augmenter tandis que son corps se recouvre de lourdes écailles multicolores. Deux ailes membraneuses se déploient majes-tueusement. A la fin de cette étourdissante transformation, une main aussi large que la porte vous prend délicatement pour vous porter au-dessus des nuages et vous faire contempler la tête du dragon. Seuls ses yeux à l'expression douce et amicale vous empêchent de sombrer dans la terreur.
- C'est sous ma vraie forme que je tenais à te remercier. En détruisant la malédiction que j'avais fait peser sur le peuple trop orgueilleux de la cité du lac, tu me délivres du serment que je m'étais imposé depuis mille ans de ne plus remplir mes devoirs de seigneur protecteur du monde de Dorgan ! Grâce à toi je vais pouvoir enfin repousser la deuxième tentative d'invasion d'une créature puissante, le Cœur de Haine. A moins, bien sûr, que ta bravoure ne t'ait déjà conduit à le faire... Sans vous laisser répondre, le Dragon vous coupe la parole :
- Mais ceci n'est qu'un point de détail, car une récompense t'attend. Elle est à la mesure de tes qualités de chevalier.
Blotti dans la paume du protecteur, vous voyez défiler le monde de Dorgan à une vitesse incroyable. Les ailes du dragon soulèvent des tempêtes dans les steppes que vous aviez eu tant de mal à franchir par le passé. Votre cœur bat la chamade quand vous reconnaissez les champs, les plaines, les montagnes et les forêts de votre patrie. Vous remarquez que, dans le sillage du dragon, une myriade d'étincelles multicolores se répand sur le sol. Dès qu'elles ont touché terre, les vieux bâtiments impériaux se reconstruisent d'eux-mêmes ! Avant de se poser près de la cité aux mille visages, votre bienfaiteur opère un tour complet. La magie de ces étincelles opère un véritable miracle : la cité a retrouvé sa splendeur d'antan ! Sur la grande esplanade de marbre blanc, face au Palais, la créature fantastique vous dépose en prononçant ses dernières paroles avant de repartir d'un envol gracieux :
- Sire Péreim, j'ai exaucé votre vœu le plus cher. A vous maintenant de rétablir un Empire puissant où régnent la justice et la paix. Je l'ai reconstruit avec des pierres, à vous de le peupler avec des hommes...
Ces paroles résonnent encore dans votre esprit après son départ : le plus dur reste à faire, il est vrai. Mais l'essentiel pour l'instant est de serrer dans vos bras votre famille qui se précipite sur l'esplanade tandis qu'une foule de plus en plus importante scande votre nom et qu'un groupe de chevaliers s'apprête à vous rendre hommage.
Fin d'Aventure pour tous.