Lecture des livres dont vous êtes le héros
4 Juin 2013
Le lendemain, en milieu d'après-midi, vous apercevez enfin l'enceinte de la Ferme Fortifiée. A cet instant, vous pensez encore à ce cauchemar, aussi étrange qu'effrayant, dont vous avez été la victime au cours de la nuit passée dans le campement de Pajan. Dans ce rêve, vous marchiez depuis des heures dans un désert brûlant, seul et épuisé. Alors que tout semblait perdu, vous aviez rencontré une oasis. Au centre de l'îlot verdoyant, outre un puits à ciel ouvert, se trouvait une petite maison blanche dont vous vous êtes approché, une fois désaltéré. Un instant plus tard, vous frappiez à la porte. Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'une jeune femme dont le vêtement de toile ne laissait apparaître que les yeux, répondit enfin à vos appels. Tout d'abord, elle refusa catégoriquement de vous loger et de vous nourrir. Puis, sur votre insistance, elle accepta finalement de vous laisser entrer dans son logis et de vous accorder une paillasse pour la nuit, dans la pièce qui devait lui servir à la fois de cuisine et de salle à manger. Faute de mieux, vous aviez naturellement accepté. Mais, deux heures plus tard, alors que vous éprouviez les pires difficultés à trouver le sommeil et que vous regardiez danser la flamme vacillante d'une petite bougie, vous aviez eu la surprise de voir l'inconnue sortir de sa chambre, en chemise de nuit. Aussi pâle que la cire de votre cierge, elle se dirigeait droit vers vous, les bras ouverts, les yeux fermés, sans dire un seul mot. Pris d'une terreur subite, vous vous étiez levé brusquement. C'est alors que les yeux de l'inconnue s'ouvrirent. Ils étaient comme deux braises ardentes. Ils flamboyaient tandis que la créature continuait d'avancer sur vous. Fuir ! aviez-vous pensé à ce moment, convaincu qu'un grave péril menaçait votre existence. Mais, à votre grande surprise, vos mains ne pouvaient plus se lever et vos jambes refusaient d'obéir. Votre hôtesse s'était alors approchée de vous. D'un geste brusque, elle vous poussa dans le dos, afin de vous faire choir sur le sol, ventre contre terre. Puis elle passa ses bras autour de votre taille et tira, afin que vous vous retrouviez à quatre pattes. Enfin, elle grimpa sur votre dos et vous fouetta durement avec une baguette de bois souple. Alors, contre toute attente, vous vous étiez aussitôt jeté en avant, piaffant comme un cheval... C'est à ce moment que Sorgal, alerté par les propos incohérents que vous aviez tenus durant votre sommeil, vous avait réveillé, une heure avant l'aube. Quelle drôle d'histoire ! pensez-vous en approchant du grand chapiteau de toile, monté devant les massives portes de bois de la Ferme Fortifiée, qui accueille, le premier jour de chaque mois, la grande foire de Dorgan.