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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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La route que vous suivez serpente maintenant dans un paysage vallonné. Après quelques heures de marche, vous apercevez au loin un mince filet de fumée s'élevant vers le ciel. Vous en approchant, vous constatez qu'il provient de quelques bûches achevant de se consumer dans un foyer. Un camp a été dressé en cet endroit, et ses occupants l'ont abandonné depuis peu. Un rapide examen du sol vous permet de constater que trois cavaliers se sont éloignés dans la direction que vous suivez, et vous reprenez votre chemin sans attendre, espérant les rattraper avant qu'ils ne soient à l'abri des murs de Guen Dach. Car il s'agit peut-être des hommes que vous recherchez. Les Cimes de la Dent du Lutin — pics de granit noir aux parois vertigineuses — se découpent bientôt à l'horizon. Et vous ne pouvez vous empêcher de frissonner au souvenir de toutes les légendes dont elles sont à l'origine. Devant vous, la route s'incurve doucement vers la droite pour contourner une colline. Perdu dans vos pensées, vous vous engagez dans cette courbe, et c'est avec un temps de retard que vous réalisez quelle vous fait face. Elle : la Forteresse de Guen Dach. Onze tours reliées entre elles par d'épaisses et hautes murailles, cernant un formidable donjon coiffé de trois tourelles, chacune surmontée d'une bannière qui claque au vent. Une large douve l'entoure, et son pont-levis est protégé par un puissant poste de garde fermé par une herse. Le souffle coupé, vous vous arrêtez, car jamais il ne vous a été donné de voir une forteresse de cette importance, une citadelle aussi lugubre, tant paraît noir le noir granit dont elle est bâtie. La herse du poste de garde vient de se lever pour laisser passer les trois cavaliers que vous poursuiviez : vous ne vous étiez pas trompé. Pour la première fois, vous voyez vos trois ennemis mortels : un homme revêtu d'une ample robe rouge écarlate, flanqué de deux hommes de haute stature vêtus de noir, l'un mince et l'autre massif comme un ours des montagnes. De chaque côté de la route menant à la forteresse, de gros pieux plantés dans le sol soutiennent, accrochés à des chaînes, des vierges de fer — ces terribles sarcophages dont l'intérieur est hérissé de pointes de fer. Quelques-unes sont fermées ; et vous tremblez en imaginant la raison. Levant les yeux vers le Donjon, vous constatez que chacune des bannières est frappée d'une marque particulière. Celle flottant au sommet de la tourelle nord porte le symbole de la Mante Écarlate ; l'Épée de Damnation orne la bannière de la tourelle ouest tandis que le Tourbillon Noir, symbole de Némésis, figure sur la bannière de la tourelle est. Alors que vous vous approchez du poste de garde, la herse se lève pour laisser passer un homme, poussé sans ménagement par deux soldats. Prenant un petit chemin sur leur gauche, ils s'arrêtent devant une grille scellée dans le sol, non loin des douves. L'un des soldats tire la grille, et son compagnon pousse le pauvre être, qui hurle en tombant dans ce qui doit être une fosse.

— A table ! crie le soldat en éclatant de rire.

Qu'allez-vous faire maintenant ?

Attendre la nuit pour essayer de pénétrer dans la Forteresse sous couvert de l'obscurité,

ou tenter votre chance au poste de garde en vous faisant passer pour un ménestrel ?

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