Lecture des livres dont vous êtes le héros
8 Février 2013
Le jour s'est levé depuis moins d'une heure quand vous quittez les premiers contreforts de la cordillère d'Aïa. A mesure que vous vous êtes approché des marécages, la végétation s'est raréfiée et les nappes de brume qui s'étiraient dans le vent n'ont cessé de s'épaissir. Bientôt, vous ne verrez plus les couleurs exotiques et étranges des marais de Taal, les fondrières blanchâtres, les mares bleu de cobalt emplies d'eaux stagnantes, bordées de roseaux argentés et de hautes herbes noires, les crapauds gris anthracite aux yeux verdâtres, le reflet des tons de vert et de bleu outremer des corps fuselés des libellules, les noirs moustiques et les phalènes rouges. Dans moins d'une heure, deux tout au plus, vous marcherez dans un brouillard à couper au couteau sur un sol spongieux où vos bottes s'enfoncent déjà en libérant de grosses bulles de gaz à l'odeur âcre. Cette perspective ne vous enchante guère, mais vous devez aller de l'avant en considérant que, contrairement à ce que vous redoutiez, vous n'avez pas rencontré d'animal d'une taille anormale depuis votre sortie du Bagrach.