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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Après un long moment un peu irréel sous cette pluie battante pendant lequel vous vous êtes jaugés mutuellement, vous décidez de vous présenter :

- Je m'appelle sire Péreim et je suis chevalier.

- Et moi sire Dorgan, et j'ai le titre de maître du monde !

Interloqué, vous ne savez que répondre à cette affirmation péremptoire !

- Oh, oui, je sais, ce n'est guère courant de nos jours... De plus, je suis en quelque sorte à la retraite. Effet terrible de l'âge et de stupides promesses faites à moi-même !

La voix du vieillard s'affermit peu à peu, et si les propos qu'il tient n'étaient pas aussi délirants, il y aurait une certaine noblesse dans ses paroles.

- Tu n'es guère loquace, l'ami ! Pourtant, je suis la seule personne à qui tu puisses parler à plus d'une trentaine de lieues à la ronde. Mais je sens un doute en toi. Tu te demandes comment j'ai fait pour venir jusqu'ici et, surtout, pourquoi tu ne m'as pas entendu approcher. La réponse est simple : je volais !

Cette fois-ci, il n'y a plus de doute, cet homme est complètement fou ! Franchement, le hasard aurait pu vous attribuer un autre compagnon ! Devant votre mine soucieuse, le vieil homme reprend :

- Peut-être accepteriez-vous de me suivre jusqu'à ma maison. Elle n'est pas très éloignée, c'est l'affaire de quelques lieues.

L'accent de vérité induit un nouveau doute dans votre esprit : et s'il disait vrai ? Une bonne nuit au chaud dans un bon lit de paille bien sèche serait pour vous un véritable délice dans les circonstances actuelles.

- Mais dans cette région déserte, il doit y avoir des bêtes qui rôdent en quête de nourriture et, d'ailleurs, comment faites-vous vous-même pour vous nourrir, car vous m'avez affirmé qu'il n'y avait rien à trente lieues à la ronde ?

- Fort simple, mon bon ami, je possède un adorable jardinet qui me fournit de délicieux légumes, et lorsque la faim me tenaille un peu, je m'envole de l'autre côté des Monts du Rovar pour chasser quelques buffles qui, assaisonnés, font le bonheur du palais. Quant aux dangers de cette plaine, pillards, cavaliers et voyageurs évitent ma petite maison car ils savent qu'il peut être périlleux de déranger le maître du monde pour des broutilles. Inutile d'être méchant avec un vieil homme qui a perdu la raison. Gentiment, vous lui proposez de l'accompagner jusqu'à la ville la plus proche. Un peu surpris, il refuse et réitère son invitation. Malgré votre insistance, il fait preuve d'une rare obstination. Manifestement déçu par votre propre refus, le vieux fou vous signale qu'il préfère prendre congé maintenant. Soit ! Après tout, vous n'êtes pas responsable de cet homme, et comme il n'a pas voulu de votre aide, vous vous estimez dégagé de toute responsabilité.

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