Lecture des livres dont vous êtes le héros
23 Mai 2013
- Les ailes de la nuit ! Pour avoir lu le récit des voyages de sire Péreim dans cette région, je connaissais l'existence de ces monstrueuses créatures aux griffes empoisonnées, qui se laissent tomber du ciel, la nuit, de si haut et avec une telle rapidité que le voyageur solitaire, surpris, n'a qu'une chance infime de survivre. Trois d'entre elles nous avaient choisis pour proies, mon cheval et moi. J'imagine sans peine que, dans la nuit, chevauchant, je n'aurais même pas eu le temps de sortir mon épée. Ces bêtes étaient si larges qu'elles occultaient les étoiles au-dessus de mon campement. Prévenant l'attaque imminente, j'ordonnai à mon destrier de se coucher. Puis, je le recouvris totalement de ma toile de tente que je n'hésitais pas à arracher de ses piquets. Le pauvre animal, terrifié, semblait comme paralysé. Enfin, je m'éloignai d'une cinquantaine de mètres, une torche à la main, et tirai Assilane de son fourreau, heureux de constater que les trois monstres ailés piquaient droit sur moi sans se préoccuper de mon cheval. Et le combat fit rage ! Fort heureusement, aucune des attaques de mes adversaires, becs et griffes, ne me toucha. Mais je ne parvenais pas non plus à faire mieux que blesser ces géants ailés, rapides et rusés. Deux heures s'écoulèrent ainsi, sans que les trois prédateurs montrent la moindre trace de fatigue. Avec angoisse, je constatai qu'il n'en allait pas de même pour moi. Mes muscles, presque tétanisés par l'effort, me faisaient atrocement souffrir. C'est alors que je vis poindre à l'horizon les premières lueurs de l'aube. Mes adversaires aussi, je crois, qui redoublèrent leurs attaques comme s'il leur fallait me tuer avant que le jour ne se lève. J'allais succomber, cela ne faisait pas le moindre doute, quand se produisit un phénomène des plus étranges. Une nuée d'oiseaux, providentielle, s'abattit du ciel sur les monstres qui se préparaient à achever leur besogne. De robustes oiseaux blancs au gilet noir et aux pattes écarlates, en si grand nombre que les ailes de la nuit, après avoir vainement tenté de résister à leurs coups de becs, prirent la fuite en abandonnant leurs proies.