Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

276

Vous faites rouler le corps du Sorcier jusque dans les buissons, et vous essuyez votre épée dégoulinante de son sang, avant de repartir. Votre humeur est sombre, car vous avez un peu honte du meurtre que vous venez de commettre. Ouisti vous rejoint au bout d'un moment, mais on dirait qu'il sent votre tristesse, et il traîne sur vos talons sans manifester sa jovialité habituelle. Vous supposez que les indigènes ont déjà découvert le corps de leur Sorcier, car vous les entendez gémir et hurler, non loin derrière vous. Leurs voix s'unissent en chant funèbre et vengeur. Comprenant que vous ne parviendrez pas à les distancer, vous vous camouflez en toute hâte sous d'épaisses broussailles. Ils passent en courant devant votre cachette, sans vous voir, et vous entendez leurs cris de guerre s'évanouir dans le lointain. Au moment même où vous allez vous dégager de l'écheveau de lianes et de plantes grimpantes pour repartir, Ouisti pousse un cri étranglé. Vous le cherchez des yeux, et vous découvrez un horrible spectacle : votre petit compagnon est mort ! Il baigne dans une mare de sang, encore agité de quelques spasmes convulsifs. Fou de rage, vous vous levez, l'épée en main, et vous retombez, foudroyé par une souffrance intolérable qui vous déchire la jambe. Vous pensez tout d'abord avoir été mordu par un serpent, mais à la vue de la chose qui s'agrippe à votre jambe, vous découvrez une horreur que le pire des cauchemars n'aurait pu imaginer. L'une des têtes réduites a planté ses dents dans votre mollet. Et pire encore, les autres têtes se laissent tomber des branches, et plantent leurs crocs venimeux dans votre corps tout entier. C'est le Sorcier qui, d'outre-tombe, vous envoie ses émissaires : il réclame son dû. Vos interminables hurlements résonnent dans l'air vide et silencieux, pendant que les têtes réduites se repaissent joyeusement, et il ne restera bientôt plus de vous que des ossements épars.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article