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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Vous reprenez votre route. A midi, vous avez tra­versé l'Anduisin et, de là, vous gagnez la ville de Séna. Vous avertissez les habitants de la progression des troupes Chadakines et ils sont nombreux à vous offrir leur aide pour détruire le pont. Grâce à cette manœuvre, les troupes Chadakines d'Andui ainsi que celles, plus nombreuses, qui sont massées au- delà du Dosan seront contraintes de traverser l'An­duisin par le pont d'Andui. Vous repartez à nou­veau. Les Masbatés, qui sont des marcheurs excep­tionnels, n'ont aucun mal à suivre la cadence de votre Simar, aussi parvenez-vous comme prévu aux abords de la mystérieuse forêt de Longuefougère en fin d'après-midi. Comme vous franchissez les der­nières collines qui vous séparent de la forêt, vous apercevez au loin un groupe d'hommes à cheval, qui avancent vers vous. Vous les identifiez sans peine grâce au voile rouge dont ils sont tous masqués : ce sont des guerriers de la Ligue des Libres. Parvenus à une centaine de mètres de vous, les Libres s'arrêtent et vous couchent en joue. « Salut à vous, guerriers de la Ligue des Libres ! Vous exclamez-vous d'une voix forte. Abaissez vos arbalètes, nous sommes des amis ! » Un des cavaliers prend la parole : « Quel est donc cet ami qui vient du Nord à la tête d'une armée ? » Vous demande-t-il d'un ton méfiant. « Je veux parler à ton chef, Sadir au Long Couteau, répondez-vous. Dis-lui que son vieil ami est de retour et qu'il veut se battre à ses côtés. Dis-lui éga­lement qu'Astre d'Or, l'envoyé des Majdars, est de retour. »

Les guerriers vous dévisagent avec stupeur et abais­sent leurs arbalètes. Vous avancez vers eux et sou­dain la joie se peint sur leurs visages : vous portez la robe grise des Majdars et ils vous reconnaissent enfin. « Tu es revenu ! Tu es revenu ! S’exclament-ils en un brouhaha désordonné. Sadir en était sûr mais nous n'arrivions plus à y croire ! » C'est dans l'allé­gresse des retrouvailles que vous partez tous vers le camp des Libres, situé à quelques kilomètres plus loin. De nombreux guerriers s'affairent entre les ten­tes et les feux de camp, et il règne une atmosphère fébrile. Vous n'en passez pas pour autant inaperçu et les guerriers interrompent leurs tâches pour accla­mer les Masbatés. Le renfort d'une armée si nom­breuse et si puissante est en effet un don du ciel ines­péré. Samur et vous laissez les Masbatés planter le camp dans un champ en friche et vous vous dirigez tous deux vers la tente de Sadir au Long Couteau. Comme vous approchez, une silhouette s'encadre sous l'auvent de la tente. Vous reconnaissez tout de suite le regard vif et tranchant de votre ami. Une lueur chaleureuse illumine soudain ses yeux. « Astre d'Or ! S’exclame-t-il. Je savais que tu reviendrais ! Salut à toi, Samur, sois le bienvenu toi aussi ! » Vous péné­trez tous trois à l'intérieur de la tente. Succincte­ment, vous relatez vos aventures à Sadir et lui faites part de la mise en garde des Majdars, lors de votre communication psychique avec eux dans le Trianon de la Pierre-de-Lune. « Aussi, concluez-vous, nous recommandent-ils de nous replier dans la forêt de Longuefougére pour échapper aux nombreuses troupes Chadakines qui vont certainement nous attaquer dès qu'elles auront traversé le Dosan et l'Anduisin. » Sadir fronce les sourcils. « Cette forêt est un endroit maléfique, dit-il, qui sait si elle ne grouille pas de suppôts de Charatchak et de créatu­res prêtes à le servir comme des esclaves ? Il vaut bien mieux marcher sur Shuni et l'assiéger ; une fois que nous aurons investi cette place forte, nous détiendrons tout le contrôle du commerce Chadakine car, comme tu le sais bien, Shuni est le seul port de l'Empire où les étrangers acceptent de venir faire des transactions. De plus, les remparts de la ville nous offrirons une excellente protection. » « Bien sûr, Sadir, mais les Chadakines vous rattraperont bien avant que vous ayez atteint le port de Shuni, expliquez-vous patiemment à votre ami, et ils sont trois fois plus nombreux que vous. Vous allez vous retrouver coupés de vos bases à Karnali, tandis que les Chadakines, eux, pourront faire venir du renfort par la mer. Ce serait signer l'arrêt de mort de Kar­nali, de ton armée et de la résistance tout entière ! » Sadir vous regarde d'un œil sceptique : « Mes hom­mes sont bien entraînés, vous répond-t-il, et ils sont dix mille. Nous n'avons pas chômé en ton absence, Astre d'Or ! Nous avons enrôlé dans nos troupes toutes les victimes de Charatchak que nous avons pu libérer et nous leur avons appris à se battre ! » Vous discutez ainsi jusque tard dans la nuit. D'abord très réticent, Sadir finit par se laisser convaincre car il a confiance en vous et en la sagesse des Majdars. Il fait alors donner l'ordre aux guerriers de s'apprê­ter à lever le camp le lendemain matin de bonne heure.

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