Lecture des livres dont vous êtes le héros
6 Avril 2013
Vous éprouvez en ces lieux une étrange impression de bien-être, comme si une force mystérieuse vous enveloppait d'un cocon protecteur. La caverne est grande et chaque bruit que vous faites est amplifié par l'écho dans des profondeurs que vous ne pouvez distinguer à la seule clarté de votre lampe. Prudemment, vous avancez sous la voûte hérissée de stalactites: vous avez le sentiment qu'on guide vos pas vers l'endroit précis où vous devez aller. Et en effet. il ne vous faut que quelques instants pour découvrir la grosse pierre que Klayoka, l'homme-médecine des Apaches de la Montagne Blanche, vous a décrite. Selon ses indications, vous faites basculer la pierre et vous voyez en effet juste au-dessous une cavité dans laquelle a été dissimulé un poignard. Vous posez la lampe sur le sol, à côté de vous, et vous prenez délicatement le poignard que vous examinez. C'est en fait une arme fabriquée par des Blancs, sans doute une prise de guerre — ou peut-être est-ce Oclock le Bon qui le lui a donné ? En tout cas, vous ne tardez pas à découvrir que le manche de bois a été creusé, puis fermé par un embout métallique qui ne laisse pas deviner l'existence de ce minuscule espace, suffisamment grand cependant pour y dissimuler un petit morceau de papier roulé. Le coeur battant, vous parvenez à extraire ce papier que vous déroulez. Avec émotion, vous lisez alors le texte que Oclock le Bon y a inscrit en utilisant le code qui permet aux Messagers du Temps de communiquer entre eux lorsqu'ils se trouvent parmi les hommes, sans que ces derniers ne puissent comprendre ce qu'ils ont écrit. Vous approchez le morceau de papier de la lampe et vous lisez ces mots :
A celui ou à celle qui viendra du Royaume du Temps pour me porter assistance ou poursuivre ma tâche. La guerre entre le Sud et le Nord a été déclarée. Je quitte aujourd'hui les Indiens dont j'ai tenté de soulager les souffrances. Je veux agir à présent pour que cesse l'esclavage. Je veux combattre avec les partisans de la liberté. Malheureusement. — ou par bonheur ? — je n'ai pas lame d'un soldat. Aussi ai-je résolu d'aider les Nordistes à ma façon : en espionnant pour leur compte les Sudistes.
J 'ai réussi à m'attirer la sympathie du général Herbert Wayward qui commandait le Fort Montgayo, à quelques miles d'ici. Wayward est un militaire éminent, originaire de Memphis, Tennessee. Lorsque cet État s'est rallié à la Sécession, le général a choisi de démissionner de son poste de commandant du Fort pour servir la Confédération sudiste. Il ne me reste que le temps d'écrire ce mot pour avertir que je pars avec lui : il m'a en effet engagé comme précepteur de sa fille, Samantha. En demeurant dans son entourage, j'espère pouvoir recueillir des renseignements qui seront utiles aux armées du Nord. Le général habite au 30, University Street, Memphis, Tennessee. C'est là qu'il m'emmène. Nous ferons ce long voyage à cheval. Ainsi, je n'aurai pas à me séparer de mon fidèle «Cheval de Brume» que les Indiens m'ont donné. Parviendrai-je à contribuer à la victoire des Nordistes ? Je l'ignore. Puisse seulement la liberté triompher avec ou sans moi. Je confie ce message à Hashkala. chef des Apaches de la Montagne Blanche, en lui révélant le secret de mon origine. Je sais qu 'il est digne de le connaître et qu'il ne remettra ces lignes qu'à quelqu'un de mon peuple. Gloire au Royaume du Temps, que mon action soit poursuivie si la mort interrompt ma course.
Oclock le Bon (30 juin 1861, Temps des hommes)
Vous contemplez avec émotion le morceau de papier sur lequel, il y a maintenant presque deux ans, Oclock le Bon a tracé ce message. Qu'est devenu depuis cette date votre compatriote? Vous n'en savez rien, sinon que son cheval a été tué et que lui- même est prisonnier quelque part chez les Sudistes. La première chose que vous ayez à faire dans l'immédiat. c'est de vous rendre au plus tôt à Memphis, chez le général Wayward. Là, vous essaierez de retrouver la piste du Messager du Temps. C'est un très long chemin que vous allez devoir parcourir et il faudra vous hâter. Le moment est d'ailleurs venu de quitter la caverne. Par respect pour la mémoire d'Hashkala, vous remettez le poignard à l'endroit où vous l'avez découvert, puis vous basculez la pierre dans l'autre sens pour la replacer dans sa position d'origine. Bien qu'il soit impossible aux hommes de déchiffrer le langage codé dans lequel Oclock le Bon a rédigé son message, vous prenez la précaution de brûler le morceau de papier à la flamme de votre lampe. Il vaut mieux effacer toute trace des révélations que ces lignes contiennent. Avant de repartir, vous restez un instant immobile, contemplant le fond de la caverne dans laquelle Hashkala repose: vous sentez alors naître en vous un espoir d'une étrange intensité ; vous avez soudain la certitude qu'il n'est pas trop tard : Oclock le Bon est vivant, il suffit d'agir avec rapidité et discernement pour réussir à le sauver. Cet espoir est si fort qu'il vous anime d'une énergie nouvelle qui vous fait gagner 3 points de FORCE, même si votre total de Force n'a subi aucune diminution depuis votre arrivée à la surface de la Terre. Lentement, vous ramassez votre lampe, puis vous revenez sur vos pas pour sortir de la caverne.