Lecture des livres dont vous êtes le héros
7 Septembre 2013
L'auberge de la Rivière des Monstres se trouve rue des Samizdat, une tortueuse ruelle pavée. L'enseigne représente un dragon de mer entouré de grotesques chevaux serpentaires et de chiens qui jouent dans l'écume jaunâtre d'une rivière mythique. Vous pénétrez dans l'auberge en passant devant deux gardes armés et vous découvrez à l'intérieur de nombreuses petites salles ; dans chacune d'elles se trouve un bar, des centaines de personnes y boivent et discutent. De lourdes volutes de fumée planent dans l'atmosphère. C'est la première fois que vous voyez les habitants d'Irsmun s'amuser. Puis, vous sentant observé par un serveur, vous allez vous asseoir tranquillement dans un coin ; sans que vous ayez rien commandé, un garçon dépose une boisson sur votre table. Il se fait aussitôt rudoyer pour son erreur par un homme vigoureux à la barbe rousse. Vous offrez aussitôt de lui payer un verre mais l'homme vous fait signe de le garder. Tout en sirotant le breuvage, vous tentez de glaner le maximum de renseignements sur l'état d'esprit des habitants de cette ville. Il semble qu'ici chacun avoue ouvertement sa haine de l'Usurpateur, aussi entreprenez-vous d'interroger Barbe-Rousse sur leurs sentiments exacts, mais sans parler de vos prétentions au trône. Ce qu'il vous dit vous convainc que, si elle avait un chef, quelqu'un pour qui combattre, la population se soulèverait sans problème pour se libérer du joug de la tyrannie. Il vous confie que la moitié des habitants sont hostiles à l'Usurpateur et que, lors de récentes manifestations, les soldats — en majorité des Orques — ont dû tirer sur la foule pour calmer leurs ardeurs révolutionnaires.
— Mais pourquoi ne se choisissent-ils pas un chef ? lui demandez-vous.
— Ah ça ! s'exclame Barbe-Rousse. Il y a bien le Démagogue, mais il n'est qu'un excellent orateur, pas un guerrier ! Personne ne combattrait pour lui !
— Et à qui aimerais-tu t'allier ? Aux marchands, aux Prêtres du Temps, aux Palaches de Dama... ?
— Les simples gens n'ont pas besoin d'alliés ! répond-il alors fièrement.