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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Vous vous levez et revêtez aussitôt le costume de Ninja. Puis, résolu, vous ouvrez la porte. Quoique à l'agonie, le Serpent Ailé de la gravure vous jette un regard où se mêlent le reproche et l'ironie. Vous ne vous en souciez guère. Vous poussez la porte coulis­sante donnant sur la petite cour intérieure. L'eau du bassin se ride légèrement. Une pâle lueur de nuit éclairée par un maigre quartier de lune baigne ce charmant décor. L'air est rempli de parfums et du chant des insectes et des grenouilles. Il fait chaud et lourd. Tout est calme. Il vous semble pourtant que la pénombre alentour dissimule quelque chose d'in­quiétant. Vous ouvrez une autre porte coulissante à l'autre bout de la cour, derrière laquelle l'obscurité est telle que vous ne distinguez rien. Vous vous tenez immobile, les sens en éveil. Une sorte d'alarme s'est déclenchée dans votre esprit. Cependant, vous ne voyez rien d'anormal. Un instant après, le chemin parcouru vous revient en mémoire : vous vous trou­vez au seuil de la première pièce où vous avez été introduit. Sans hésiter, vous la traversez. Vos oreilles bourdonnent ; votre colonne vertébrale vous picote ; vous vous sentez parcouru par une nervosité crois­sante. Et pourtant tout semble tranquille. Vous ne constatez rien d'anormal dans cette pièce. Vous êtes sur le point d'ouvrir la porte menant à l'extérieur lorsque, pour une obscure raison, vous vous arrêtez et tendez l'oreille, tout en sachant qu'aucun piège ne saurait vous être tendu dans ce palais du Shogun, vieux de trois siècles. Ce doit même être l'endroit le mieux protégé de tout Lemné. Vous n'entendez rien excepté une respiration lasse. Vous entrebâillez la porte pour regarder au-dehors. Un des Samouraïs est appuyé à un pilier, les bras croisés, tandis que le reste de la patrouille traverse la cour. Vous faites un pas en avant. L'homme se retourne aussitôt, une expression de terreur crispant son visage à la vue de votre costume. Mais, vous reconnaissant, il sourit avant de vous déclarer : « Qu'est-ce qui vous fait sortir avant l'aube, monsieur ? Seuls les morts et les pauvres gardes comme nous sont debout à pareille heure. » Vous vous sentez stupide. Vous vous en voulez de vous être conduit comme un lapin apeuré et c'est quelque peu embarrassé que vous confiez au garde que vous ne pouviez pas vous endormir. Vous lui parlez ainsi jusqu'à ce que vous remarquiez que cette familiarité entre vous le gêne. Vous lui sou­haitez alors bonne nuit et retournez vous coucher.

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