Lecture des livres dont vous êtes le héros
8 Mai 2013
Lorsque vous arrivez à Athènes, l'après-midi du jour suivant, c'est pour apprendre que Darius a établi une tête de pont dans la plaine de Marathon, et que le général Miltiade a déjà quitté la ville à la tête de ses troupes pour aller le combattre. Ce qui vous fait encore une bonne quarantaine de kilomètres à parcourir ! Vous vous hâtez donc vers le lieu où la bataille va avoir lieu, en espérant qu'il ne vous arrivera rien de fâcheux. Vos pieds vous font horriblement souffrir, et il n'y a pas un muscle de votre corps qui ne vous fasse grimacer de douleur. Au diable les Grecs et les Perses ! Que vous importe qui des uns ou des autres remportera la victoire ! Mais un ami est un ami. Et vous n'êtes pas arrivé jusqu'ici pour faire demi-tour au dernier moment. Aussi, quand ayant enfin rejoint l'armée athénienne vous voyez le général Miltiade venir à votre rencontre, vous oubliez tous vos tracas pour lui prêter la plus grande attention.
Le général est un homme de petite taille à l'allure nerveuse et à la mine renfrognée. Parvenu à votre hauteur, il vous regarde de bas en haut avant de vous lancer d'une voix méprisante : - Si les Spartiates n'ont pas jugé bon de venir à notre aide, voilà au moins un barbare qui va nous apprendre bien des choses à propos des tactiques militaires ! Car la tactique n'a aucun secret pour toi, n'est-ce pas ? En toute autre circonstance, voilà une question qui vous aurait plongé dans le plus grand embarras. Il faut bien avouer que tout ce qui touche de près ou de loin au domaine militaire vous est parfaitement étranger. Mais en ce qui concerne la bataille qui va se dérouler sous vos yeux, vous en savez beaucoup plus que quiconque présent autour de vous. Car vous n'avez pas oublié de consulter, dans votre Brève histoire, l'article intitulé « Bataille de marathon », et vous savez donc parfaitement comment le général Miltiade a pu vaincre les Perses qui, pourtant, lui étaient bien supérieurs en nombre. Aussi, c'est sans hésiter un instant que vous lui répondez :
- C'est exact. Et si vous voulez suivre mon conseil, vous allez disposer vos soldats les plus forts sur les ailes droite et gauche de votre corps d'armée, lequel chargera le plus rapidement possible au lieu d'adopter la lenteur habituelle de la phalange. Ainsi je vous garantis que vous remporterez la victoire avec le moins de pertes possible.
- Incroyable, murmure le général. Tu es vraiment très fort, barbare ! En chargeant comme tu l'as dit, nous serons sur les Perses avant même que leurs archers n'aient eu le temps de bander leurs arcs. Et pendant qu'ils essaieront de nous repousser, nos deux ailes se refermeront sur eux. Par Zeus, c'est comme cela que nous allons faire ! Barbare, tu vas rester ici et tu vas nous regarder gagner la guerre. Tu as l'air bien trop fatigué pour te battre avec nous.
Tournant les talons, il se dirige vers ses troupes qui, sous ses ordres, se mettent bientôt en ordre de bataille. Quant à vous, suivant avec reconnaissance le conseil du général, vous vous allongez confortablement dans l'herbe grasse d'une petite hauteur dominant la plaine. En poussant des hurlements, le centre de l'armée grecque s'est précipité sur les Perses qui, pris par surprise comme il l'était décrit dans votre Brève histoire, n'ont pas même le temps d'envoyer une seule flèche sur leurs ennemis. La mêlée devient vite confuse mais bientôt les Perses, supérieurs en nombre, repoussent l'armée grecque. Le piège se referme alors : les deux ailes athéniennes fondent sur les Perses qui, pris de panique, s'enfuient comme ils peuvent pour sauver leur vie. La débâcle est totale. Le glaive en main, couvert de poussière, le général Miltiade revient vers vous.
- Félicitations ! barbare, dit-il, un grand sourire éclairant son visage. Ton plan a marché à merveille. Tiens, accepte ceci en remerciement de l'aide que tu nous a apportée.
Prenant des mains d'un esclave qui le suivait une coupe ornée de pierres précieuses, il vous la tend en disant :
- Prends cette coupe à sacrifice. Sans doute te sera-t-elle utile un jour ou l'autre.
Puis, se tournant vers Pheidippides, il ajoute :
- A présent que tu es reposé, tu vas courir jusqu'à Athènes pour annoncer notre victoire.
- Non, attends ! criez-vous, pris d'une soudaine frayeur.
Mais c'est trop tard: Pheidippides s'est déjà élancé sur le chemin menant à Athènes.
- Quelque chose ne va pas, barbare? vous demande le général avec étonnement.
- Non, non, répondez-vous avec tristesse. Je voulais seulement lui dire adieu.
- Ne t'inquiète pas, tu auras certainement l'occasion de le revoir à Athènes.
Mais vous savez que vous ne le reverrez jamais. Car comme il l'est raconté dans la Brève histoire, le pauvre Pheidippides va courir jusqu'à Athènes. Plus de quarante kilomètres ! Et il sera tellement épuisé en y arrivant qu'il aura juste la force d'annoncer la bonne nouvelle avant de s'effondrer, mort. Un événement qui est toujours commémoré de vos jours grâce à cette course appelée justement le « marathon ». Chassant vos tristes pensées, vous vous tournez vers le général :
- A présent, je dois vous quitter.
- Tu retournes à Sparte, je suppose, dit le général avec un petit sourire de connivence. Tes élèves te manquent certainement beaucoup.
A l'évidence, il s'est renseigné sur ce que vous faisiez quand Pheidippides vous a rencontré.
- Quelque chose comme ça, lui répondez-vous bien que vous n'ayez pas la moindre intention de vous retrouver face à ces gamins sanguinaires.
Néanmoins, après lui avoir dit au revoir, vous vous éloignez dans la direction de Sparte.
Un bien long chemin semé d'embûches, au cours duquel vous devrez vous méfier aussi bien des brigands que des redoutables sangliers ou des ours noirs. Et qui sait si, au bout de ce chemin, vous n'allez pas mourir de fatigue comme le pauvre Pheidippides. Lancez un dé. Si vous faites :
1. Vous tombez dans une embuscade tendue par des brigands. Lancez à nouveau le dé pour savoir combien ils sont. Chacun d'eux possède 20 points de Vie et est armé d'une épée (+2).
Si vous ne survivez pas à ce combat.
Si vous êtes vainqueur, vous allez trouver, sur chacun de vos adversaires, une Potion ae Guérison: pour chaque Potion, lancez deux dés, et ajoutez le total obtenu à vos Points de Vie. Vous trouvez également un flacon scellé renfermant le redoutable Feu grec qui, lorsque vous déciderez de l'utiliser, tuera n'importe lequel de vos ennemis. Mais attention, vous ne pourrez le faire qu'une seule fois. A présent, choisissez une nouvelle destination sur votre plan.
2. Pas de chance, vous voilà une fois de plus nez à nez avec un sanglier! Comme celui que vous avez déjà rencontré, celui-ci possède 20 Points de Vie, et vous devrez vous méfier de ses défenses (+5).
Mais si vous êtes vainqueur, vous en profitez pour faire de nouveau un excellent repas qui vous fera regagner autant de Points de Vie que le total obtenu en lançant deux dés. Rassasié, vous pourrez ensuite choisir une nouvelle destination.
3. L'ours noir qui vous fait face n'a pas l'air de très bonne humeur! Cette espèce de brute possède 50 Points de Vie, et vous avez tout intérêt à ne pas vous mettre à portée de sa puissante mâchoire, et de ses griffes (+5).
S'il vous tue, une seule alternative...
Si vous sortez vivant de cet affrontement choisissez une nouvelle destination.
4. Sans doute êtes-vous arrivé à bon port, mais dans quel état! Epuisé, exsangue, vous vous effondrez dans la poussière comme ce pauvre Pheidippides que vous allez d'ailleurs rejoindre sans tarder.
5 ou 6. Rien de bien intéressant ne vous arrive sur le chemin menant à Sparte. Il faut même avouer que vous vous ennuyez quelque peu. Et c'est avec plaisir que vous choisissez une nouvelle destination sur votre plan.