Lecture des livres dont vous êtes le héros
5 Février 2013
Loup'Ardent rentre dans le château avec un sombre pressentiment. Il y a. dans cette forteresse, trop de choses qui lui échappent. Par tempérament, le Barbare a besoin de simplicité. D'ennemis qu'il peut voir, entendre et combattre par la force de son bras et de sa fidèle épée. L'odeur de la sorcellerie lui donne la nausée, et ce château pue la sorcellerie à plein nez. Il s'engage dans un étroit corridor, aussi poussiéreux et aussi abandonné que les autres, dont seuls les dieux du Désert doivent connaître la destination. La porte du jardin se referme derrière lui, apparemment de son propre chef. Le bruit lui fait tourner la tète, mais il estime qu'aller s'en assurer serait une perte de temps. Ici, les portes se ferment toutes seules, et si les mécanismes qui les commandent pourraient intéresser un magicien, ils laissent un combattant indifférent. Lorsqu'il regarde à nouveau devant lui, Loup*Ardent se trouve devant une femme aux yeux verts, vêtue d'une longue robe blanche. Une lueur de lucidité assez surprenante lui fait remarquer qu'elle n'a laissé aucune trace de pied dans la poussière du corridor. Loup*Ardent s'immobilise.
— Je ne vous veux aucun mal. Madame, s'empresse- t-il de dire. Cette femme est-elle réelle ? Est-elle faite de chair et de sang ? Ou bien n'est-elle qu'un fantôme qui hante ces couloirs sans déplacer la poussière du sol ?
Moi non plus, Barbare, répond-elle d'une voix douce. Elle sourit mystérieusement. Mais nous pourrions peut-être nous amuser un peu ensemble. S'amuser ? Il n'y a donc aucun sens commun dans cette vallée ? Pas dans cette lugubre forteresse, en tout cas. La femme fait un geste, et un pan de mur s'efface, révélant une porte secrète. Celle-ci donne sur une chambre, une chambre à coucher illuminée par des candélabres et des lampes bien entretenues.
Mes appartements, dit-elle. Voulez-vous entrer ?
— Qui ètes-vous ? demande Loup*Ardent. Je m'appelle Yveen. Et vous devez être Loup*Ardent.
— Vous savez mon nom ?
— Je sais votre nom, Barbare. Elle entre dans la pièce d'un pas léger et dénoue les attaches de sa robe.
— Nous sommes destinés à être alliés, vous et moi La robe glisse jusqu'à sa taille, dénudant sa poitrine Et amants, ajoute-t-elle en souriant. Loup*Ardent la contemple avidement, son bon sens gravement perturbé par les pulsions primitives qui montent en lui.
— Alliés? répète-t-il, puis, plus doucement Amants ?
Elle se détourne et s'assoit sur le lit dans une pose langoureuse, mais ne fait pas un geste pour ôter complètement sa robe. Contre le flanc de Loup*Ardent, Exterminator bourdonne doucement.
— Si vous ne me connaissez pas. votre épée me connaît. Nous sommes de la même espèce, elle et moi. Autant vous le dire tout de suite. Loup*Ardent : je ne suis pas un être humain.
Elle a pourtant l'aspect d'un être humain. Très humain, même, et surtout très féminin Loup*Ardent s'approche d'elle gauchement, un maelstrôm de confusion dans la tête.
— Qui étes-vous ?
— Vous connaissez déjà mon nom, répond-elle en souriant. Quant à savoir ce que je suis, c'est plus compliqué. Les yeux verts pétillent. Vous pourriez me considérer comme un démon.
La main de Loup*Ardent tombe sur son épée qui semble se soulever à sa rencontre et dont le léger bourdonnement s'enfle jusqu'à devenir un rugissement. -un démon ! s'exclame Loup* Ardent. Elle paraît plus amusée qu'alarmée. — Votre épée brûle d'envie de se jeter sur moi, méme si ce n'est pas le cas pour vous, Barbare. Mais il serait peut-être préférable, avant de prendre des mesures inconsidérées, d'écouter d'abord ce que j'ai à vous dire.
Peut-être. Peut-être pas. Loup* Ardent n'est pas un compliqué. C'est un homme d'action, plus porté à la bagarre qu'aux palabres.