Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mai 2013
Lorsque vous reprenez connaissance, ce sont les visages désormais familiers de vos compagnons de voyage que vous apercevez avant toute autre chose, à la lueur d'un feu de camp. Des visages aux traits tirés, qui expriment à la fois la joie de vous savoir en vie et une profonde douleur. Vous vous souvenez très bien, non sans éprouver une réelle fierté, de la manière dont vous avez combattu ces maudits pirates des Saraïs. Puis, alors que vous preniez un avantage décisif sur vos ennemis, plus rien... hormis la certitude d'avoir reçu un coup ! Un choc dont la violence explique la douleur qui martèle encore votre tête sous le bandeau de fortune qu'une main charitable a enroulé autour de votre crâne. Mille questions assaillent votre esprit tandis que vous parvenez péniblement à vous accroupir sur le sable. Interrogations, fort heureusement, ne restent pas longtemps sans réponses. Tout d'abord, comme le laissait entendre le regard de vos compagnons d'infortune, le bilan est lourd, très lourd : des cent hommes embarqués sur les deux caravelles de Dorgan, il n'en reste que quinze. Ensuite, vous apprenez que vous vous trouvez sur la côte sud de la Pointe des Oiseaux, à moins de deux lieues de l'embouchure du Mélisse. Enfin, Archibald, second du Dragut, vous précise que vous devez la vie à la tempête née du mur de brume qui, en s'abattant sur la Baie de l'Ange-de-Mer, a contraint les pirates à une fuite irraisonnée. Car leurs voiliers, s'ils s'étaient montrés plus rapides que les vôtres, étaient également beaucoup plus fragiles. Dans la tourmente, ils avaient sombré corps et biens, tandis que les deux vaisseaux de Dorgan, désormais inutilisables, s'étaient seulement abîmés contre les rocs qui bordent la grève. Rendez-vous à la Pointe des Oiseaux.