Lecture des livres dont vous êtes le héros
12 Avril 2013
Vous donnez un brusque coup de volant à gauche, ce qui vous permet d'éviter le camion de justesse. En revanche, vous vous trouvez à présent face au funiculaire que vous risquez de heurter de plein fouet. Les funiculaires de San Francisco sont célèbres dans le monde entier et constituent une attraction particulièrement appréciée par les touristes, mais en l'occurrence, la présence de celui-ci ne vous facilite guère la tâche. Vous donnez un autre coup de volant, à droite cette fois-ci, mais vous n'avez pas la place de passer : l'arrière de la Buick dérape et vient percuter le flanc du funiculaire. Le choc n'a pas été trop violent : le funiculaire lui-même n'a pas la moindre égratignure. Quant à la Buick, elle s'est arrêtée net, mais l'aile arrière est complètement enfoncée et la roue faussée. Votre
automobile est devenue inutilisable. La voiture qui vous suivait s'est arrêtée à hauteur de l'accident. Le conducteur en descend, en compagnie de son passager, et se précipite vers vous. - Mon Dieu ! Quel dommage ! se désole-t-il. Une Buick Skylark 1953 ! Je vous faisais signe de vous arrêter pour vous l'acheter. Je suis collectionneur de voitures anciennes. Ah, quel malheur ! J'étais prêt à vous en offrir 2 000 dollars ! Et voilà : votre excès de méfiance vous a fait rater un bénéfice de 1 000 dollars ! Vous n'avez pas beaucoup de dons pour les affaires, dirait-on ! L'homme vous propose de s'occuper de l'épave qu'il pourra peut-être faire réparer et vous la lui abandonnez bien volontiers. Dans
l'immédiat, vous avez tout autre chose à faire qu'à vous soucier de ce stupide accident qui bloque toute la circulation dans cette partie de California Street. Apercevant la devanture d'un marchand de journaux, vous allez acheter le San Francisco Herald and Examiner, le journal dans lequel travaille John Bob de Golf, l'homme qu'il vous faut contacter de toute urgence. Aujourd'hui étant un dimanche, vous avez droit aux divers suppléments que le journal offre à ses lecteurs pour le week-end et vous sortez de chez le marchand avec une masse impressionnante de papier imprimé ! Par curiosité, vous jetez un coup d'oeil à différents articles, mais vous n'y remarquez rien d'intéressant. Écrire tant de pages insipides, et les publier par surcroît, quel gâchis ! Vous trouvez en tout cas ce que vous
cherchez : l'adresse du San Francisco Herald. Les bureaux se situent dans Montgomery Street où un taxi a tôt fait de vous amener pour la modique somme de 3 dollars et 75 cents. Votre entrée dans le hall de l'immeuble ne passe pas inaperçue : tous les regards, en effet, convergent vers vous, et vous avez la très nette impression que quelque chose surprend dans votre apparence.