Lecture des livres dont vous êtes le héros
28 Janvier 2013
Vous vous laissez guider par les rires qui ne cessent de retentir et vous distinguez alors, parmi les arbres, la silhouettes de trois petites femmes dodues qui paraissent s'amuser de bon coeur. Si Eudes le Doux Ne vous avait mise en garde contre les Mollues, vous auriez éprouvé pour elles une sympathie spontanée. fort heureusement, vous savez à quoi vous en tenir à leur sujet et c'est avec une grande prudence que vous vous avancez vers elles. Lorsqu'elles vous aperçoivent,' les trois Mollues se mettent à pousser des cris de joie. De toute évidence, votre arrivée les enchante et elles se précipitent vers vous en arborant de larges sourires.
Un garçon ! s'écrie l'une d'elles, c'est un garçon !
Oh, la belle barbe ! Qu'il est mignon ! s'exclame une autre.
- Bienvenue chez les Mollues ! dit la troisième. Tu tombes très bien, mignon barbu, reprend la première
Tu vas répondre à une question, poursuit la deuxième.
— Nous trouves-tu jolies ? demande la troisième. Pour l'heure, votre déguisement fait merveille : les trois créatures ne doutent pas que vous soyez un homme et le moment est venu de suivre les recommandations d'Eudes le Doux : il faut toujours flatter les Mollues.
— Oh oui ! répondez-vous d'une voix que vous essayez de rendre la plus masculine possible. Vous vous êtes efforcée de paraître convaincue, bien que ces petits laiderons rebondis soient très éloignés de l'idée que vous vous faites de la beauté féminine.
— Vous êtes même plus que jolies, poursuivez-vous ; à la vérité, votre beauté m'a semblé si éblouissante, lorsque je vous ai aperçues de loin, que je n'ai pu résister à l'envie de vous connaître.
Pendant quelques instants, vous craignez d'avoir quelque peu exagéré : peut-être vont-elles trouver votre compliment trop flatteur pour être sincère ? Vous êtes vite rassurée, cependant, en les entendant pousser de petits gloussements réjouis.
— Tu as bon goût, mon tout beau, dit la première.
— Il sait parler aux Mollues, dit la deuxième.
— Et maintenant, si tu devais épouser l'une d'entre nous, laquelle choisirais-tu ? interroge la troisième.
— Me choisirais-tu, moi, la charmante Mollette ? demande la première.
— Me choisirais-tu, moi, la gracieuse Mollasse ? demande la deuxième.
— Me choisirais-tu, moi, la majestueuse Mollouille ? demande la troisième.
Quelques gouttes de sueur froide commencent à perler à votre front : vous craignez en effet de faire une réponse qui provoquerait la colère des Mollues, mais il y a plus grave encore, car vous avez l'impression que votre barbe a tendance à se détacher. D'un geste qui se veut naturel, vous vous passez la main sur le visage pour la recoller.
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