Lecture des livres dont vous êtes le héros
12 Juin 2013
Le souvenir du moine- agonisant et de son regard angoissé balaie tous vos doutes. Si ce poignard sacré qui vous cause tant de déboires était jusqu'à présent en possession des prêtres du temple vishnuiste de Lakshmana, en le rendant, vous seriez l'instrument du destin. Et qui sait, peut-être ces hommes de loi sauront-ils vous venir en aide?
Site très ancien, ce temple se dresse à quelque distance de la ville, au milieu d'une végétation luxuriante. Vous vous mettez en route pour une marche de quelques heures. Lu piste peu pratiquée que vous empruntez serpente entre les arbres, au milieu de taillis de plus en plus denses. Des oiseaux bariolés aux chants étranges s'envolent sur voire passage. Enfin, à un détour du sentier, apparaissent les ruines du temple de Lakshmana. Là se dressent les ruines d'une splendeur passée. N'accordant guère d'importance aux apparences, les adeptes de Vishnu se préoccupent davantage de l'union mystique avec leur dieu. Ces vestiges d'un édifice immense ont perdu leur bataille contre la jungle et sont à présent envahis par des cohortes de singes hurleurs. De larges pans de murs alourdis par les lianes et les mousses parasites défient encore les ans, refusant de s'effondrer. Vous ne sauriez donner un âge au temple: sa déchéance même semble remonter à la nuit des temps. Partout, en effigie, des avatars de Vishnu dominent l'improbable visiteur: endormi sur les anneaux du roi- serpent, glissant sur la surface de l'océan cosmique, poisson remorquant l'arche du premier homme entre les monts sacrés Nara et Narayana, tortue soutenant le mont Mandara, dix autres encore...
Vous étudiez le sol à la recherche de traces de pas récentes et en découvrez suffisamment pour attester de la fréquence des visites. Sur votre gauche, près d'une colonne surmontée d'une statue d'un blanc crayeux à l'image de quelque génie barbu, une large porte s'ouvre sur l'intérieur du temple. Vous vous en approchez, mais à cet instant, vous remarquez trois petits singes campés au pied de la colonne, qui vous regardent de leurs yeux écarquillés.