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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Vous sortez de son enveloppe de toile la touffe de poils de putois et vous êtes alors suffoquée par l'odeur qui s'en dégage : hélas ! vous allez devoir supporter l'infecte puanteur si vous tenez vraiment à vous déguiser en homme. Il est encore temps, cependant. de revenir sur votre décision.

Dans ce cas. vous pourrez choisir d'aller au saloon en conservant les vêtements que vous portez, mais sans vous grimer !

ou de revêtir la robe que vous avez emportée.

Si vous persistez à vouloir vous faire passer pour un homme, vous allez coller la touffe de poils sous votre nez à l'aide de la résine que vous fournira un cactus planté un peu plus loin. Après vous être assurée que cette moustache de fortune ne risque pas de tomber inopinément, vous remontez sur votre cheval. Grâce à cet accessoire pileux, vous avez l'air à présent d'un véritable cow-boy. Il vous faut simplement vous habituer à la pestilence que produisent les poils du putois. Quelques instants plus tard, vous faites votre apparition dans la grand'rue de Passivitt-Montgayo. Les étrangers sont rares, par ici, et votre arrivée ne passe pas inaperçue. Vous sentez les regards se diriger vers vous et suivre votre avance tandis que vous vous approchez du saloon. On ne peut pas dire que la ville soit en proie à une grande agitation : il semble que ses habitants passent plus de temps à bavarder et à se reposer qu'à se livrer à une quelconque activité. La chaleur, sans doute... Parvenue devant le saloon, vous mettez pied à terre, vous attachez votre cheval à la balustrade prévue à cet effet, puis vous poussez d'un geste décidé la double porte battante qui donne accès à l'intérieur de l'établissement. L'atmosphère qui règne dans la grande salle enfumée tranche avec le calme de la rue. A en juger par le nombre des consommateurs, on dirait que toute la ville s'est donnée rendez-vous ici. Toutes les tables sont occupées par des cow-boys aux mines souvent peu avenantes et le bar vous est caché par une rangée de clients aux carrures de taureau. L'un d'eux, un véritable colosse, est accoudé devant une bouteille qu'il tient fermement par le goulot, comme s'il avait peur qu'on ne la lui vole. Les huées, les cris et les interjections se mêlent en un vacarme incessant ponctué par le tintement des verres qu'on entrechoque. Le nuage de fumée qui stagne au-dessus des tables vous prend à la gorge et vous pique les yeux. Vous vous approchez du comptoir tandis que les regards convergent sur vous. Vous remarquez que les consommateurs font des grimaces sur votre passage : à l'évidence, vous ne leur semblez pas très sympathique. Derrière le comptoir, le barman remplit des verres. Au moment où vous arrivez devant lui. il est en train d'échanger quelques mots avec le colosse que vous aviez repéré dès votre entrée.

— Bonjour, auriez-vous une chambre pour la nuit ? demandez-vous au barman.

Le colosse se tourne alors vers vous, renifle, puis fait la grimace.

Ça sent le putois, tout d'un coup ! s'exclame-t-il d'un air dégoûté. Si tu passes la nuit ici, étranger, il faudra fermer le saloon pendant quinze jours pour en chasser l'odeur !

Sa remarque provoque un éclat de rire général dans la salle. Vous êtes, quant à vous, vexée et furieuse, bien .que le colosse n'ait pas tout à fait tort de se plaindre des relents que dégage votre moustache ! Comment allez-vous réagir ?

Si vous souhaitez donner une leçon au colosse.

Si vous préférez vous montrer conciliante pour éviter un incident inutile.

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