Lecture des livres dont vous êtes le héros
10 Juillet 2013
Les sombres silhouettes encapuchonnées d'une bonne douzaine de Gardiens de Cauchemar surgissent du tunnel en une sinistre procession, au milieu de laquelle se tient le Sorcier Domontor. Le temps ne semble pas avoir eu prise sur lui depuis votre dernière rencontre. Vous reconnaissez le même teint jaunâtre, le même sourire rusé, les longs cheveux blancs éternellement plaqués en arrière dégageant le haut front, le même pentacle tatoué autour de l'œil gauche... et l'étincelle de démence diabolique dans le regard. Lentement, Domontor retire l'un de ses gantelets de velours, découvrant un joyau étincelant : la Bague de la Mort Rouge. « Je préférerais savourer cet instant, dit-il, mais je me sens quelque peu impatient d'emporter la Statue. Ta mort ne saurait représenter pour moi qu'un bref mais néanmoins agréable intermède. » L'air sombre, vous l'observez tandisqu'il dirige le chaton de sa bague vers vous. Les battements de votre cœur s'accélèrent, mais rien ne se produit. Il n'espère tout de même pas vous voir vous jeter à ses pieds ? Vous bandez vos muscles, vous concentrez votre énergie, prêt à esquiver la Décharge d'énergie qui jaillit brutalement. Mais ce n'est pas vous qui étiez visé. Ouisti est arraché de votre épaule et tombe à vos pieds, foudroyé ! Le Sorcier fou est secoué d'un ricanement inhumain tandis que le corps carbonisé du pauvre Ouisti rebondit sur la corniche et disparaît dans les nuages blancs. L'horreur de ce meurtre brutal et inutile ne vous paralyse pas longtemps. Après une fraction de seconde, vous bondissez sur le Sorcier, en brandissant votre épée étincelante, écumant de rage et assoiffé de sang. Domontor blêmit et recule ; son rire se fige sur son visage. Vous vous arrêtez près du rebord du puits, et les Gardiens de Cauchemar se mettent en garde pour défendre leur maître. Vous vous campez sur vos deux pieds, attendant leur assaut. Votre atout, c'est l'étroitesse de la passerelle : ils ne peuvent vous combattre qu'un par un. Domontor a d'autres intentions, cependant. Il se ressaisit, retrouve toute sa morgue, ordonne aux Gardiens de reculer et s'adresse à vous d'une voix tonnante : « Parmi les membres de ma suite, il y a quelqu'un que tu n'as pas encore vu. Il me semble que tu l'as connu jadis sous le nom d'Attila Fatum ». Deux esclaves craintifs s'avance alors sous l'arche, derrière Domontor. L'éclairage puissant des torches qu'ils portent illuminent une silhouette que vous n'aviez pas remarquée jusqu'alors. Elle mesure plus de deux mètres de haut, et tient un sabre énorme dans chacune de ses mains grises. Son armure est parsemée de taches de rouille et une cape en loques l'enveloppe comme un linceul. Raide comme une colonne de marbre, l'être s'avance vers la corniche. « Cela ne peut pas être Fatum ! criez-vous, sachant pertinemment que c'est bien lui. Toute une troupe de chevaliers l'a vu se précipiter du haut de la Tour des Victoires, quand son attaque contre le Roi fut repoussée ». « Mes serviteurs ont retrouvé son corps et j'ai utilisé la nécromancie pour le ranimer. Attila Fatum n'est plus qu'un Zombie, mais ses talents de guerrier sont intacts, comme tu vas vite t'en apercevoir. Fatum, tue-moi cet imbécile et monte la garde jusqu'à mon retour ! » Domontor et sa garde noire font mine de partir, mais il s'attarde un instant sous l'arcade, et murmure d'une voix doucereuse : « Adieu, Chevalier Dragon. Pardonne-moi de te le dire, mais je crois bien que ton Fatum t'a rattrapé... » Son éclat de rire tonitruant résonne dans l'obscurité dans laquelle il s'enfonce.