Lecture des livres dont vous êtes le héros
9 Mai 2013
Un peu maladroitement, vous prenez le bébé dans vos bras. Qui se met à brailler de plus belle tout en vous martelant la poitrine de ses petits poings. En prenant soin de ne pas glisser sur le sol caillouteux, vous vous dirigez vers le bas de la colline. Mais à peine avez-vous parcouru une centaine de mètres que deux hommes surgissent de derrière un rocher.
- Que fais-tu avec cet enfant? vous demande l'un d'eux, l'air soupçonneux.
- Je l'ai trouvé un peu plus haut. Seul. Quelqu'un a dû l'abandonner.
- Alors pourquoi ne l'as-tu pas laissé là où il était ? grommelle l'autre.
- Le laisser ! vous écriez-vous horrifié. Laisser un bébé abandonné !
- Écoute, l'ami, reprend le premier, puisque tu me sembles être un bon barbare, je veux bien t'expliquer quelque chose. A Sparte, c'est la coutume d'abandonner ainsi les bébés trop faibles pour devenir des hommes robustes comme nous. Et c'est leur mère qui, la plupart du temps, s'en charge. Comment voudrais-tu que Sparte reste la vaillante et puissante cité qu'elle est depuis si longtemps si nous laissions des cœurs tendres comme toi leur sauver la vie ? Athènes aurait tôt fait de la détruire. A présent sois gentil, va remettre ce bébé là où tu l'as trouvé et je te promets que...
- Hé ! attends un peu ! l'interrompt alors son compagnon. Je le reconnais ; ce n'est pas un bébé abandonné, c'est Héraclès ! L'enfant le plus vigoureux et le plus remuant de Sparte. Je parierais qu'il est arrivé là-haut tout seul !
- Mais il n'a que quelques semaines, dites-vous en le regardant d'un air incrédule.
- Éducation Spartiate ! répond l'homme en éclatant de rire. Ramène-le vite à sa mère ; tu la trouveras certainement un peu plus bas en train d'entraîner ses autres enfants.
- Si tu préfères, nous pouvons nous en charger, ajoute le premier homme. C'est comme tu veux.
Le bébé gigotant dans vos bras, vous pouvez donc vous mettre a la recherche de sa mère.