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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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- Puisque nous avons l'adresse et les clés du chauffeur de ce maudit camion, je suggère que nous allions voir chez lui s'il n'y a pas quelque chose à découvrir, proposez-vous.

- C'est une bonne idée, approuve John Bob de Golf.

Michael Screwball, l'homme qui est mort sous les roues de son semi-remorque, habitait au 118, Loony Street à Santa Rosa, une petite ville située à une soixantaine de miles au nord de San Francisco. Il vous faut un peu plus d'une heure pour y arriver et vous trouvez sans difficulté la maison du dénommé Screwball. Le luxe de la demeure vous étonne : on ne s'attendrait certes pas à ce qu'un chauffeur routier habite une aussi belle villa.

- Ça rapporte, de travailler chez Hunskoop, murmure John Bob de Golf, tandis que vous arrêtez la Maserati à quelque distance de la maison, précaution élémentaire pour ne pas vous faire repérer. La villa est vaste et entourée d'un jardin fleuri où poussent également quelques arbres au feuillage luxuriant. Par prudence, vous passez par l'arrière du jardin et vous vous approchez de la porte de derrière. Vous écoutez un instant, l'oreille collée contre le panneau, mais vous n'entendez pas le moindre bruit : apparemment, il n'y a personne à l'intérieur. Vous sortez alors de votre poche le trousseau de clés que vous avez découvert dans les vêtements de son propriétaire et vous trouvez sans difficulté celle
qui ouvre la porte. Un instant plus tard, vous pénétrez dans une cuisine ultra-moderne bénéficiant des équipements les plus perfectionnés. Le dernier cri en matière d'électroménager vous importe peu, cependant, et vous poursuivez votre chemin pour
arriver, au bout d'un couloir, dans un salon luxueusement meublé.

- Eh bien, il avait les moyens, le sieur Screwball, commente John Bob de Golf en examinant d'un oeil de connaisseur la somptueuse chaîne haute-fidélité qui agrémente les lieux, ainsi que la télévision à écran géant au fond de la pièce. Vous regardez un peu partout dans l'espoir de découvrir quelque chose, mais il n'y a là que des disques, des cassettes de musique ou d'images vidéo qui ne semblent pas présenter le moindre intérêt. Vous ne vous attendiez pas à faire une trouvaille spectaculaire, mais vous ne pouvez vous empêcher d'éprouver une certaine déception. Vous n'en continuez pas moins à fouiller la maison qui comporte en tout cinq pièces, salon compris. Trois autres pièces ne contiennent que des meubles. La dernière, enfin, est une chambre à coucher meublée d'un grand lit rond, d'une grosse commode et d'un bureau pourvu de tiroirs que vous vous
empressez d'ouvrir. Des papiers y sont entassés. Vous tombez d'abord sur des documents bancaires indiquant que Michael Screwball a fait clore deux comptes dont il était titulaire dans des banques de San Francisco. Ces comptes étaient crédités de sommes importantes qui, sur ses instructions, ont été transférées dans une banque de Vancouver, au Canada. Vous trouvez également un agenda que vous feuilletez. Ses pages ne
comportent que des notes anodines mais quelque chose vous intrigue pourtant ; à la date du 23 mars 1989 s'inscrivent ces mots, tracés au crayon : Opération Apocalypse.

- Opération Apocalypse ! Comme l'Église du même nom ! s'exclame John Bob de Golf. Il se prépare quelque chose pour le 23 mars et une fois de plus, la piste nous ramène au révérend Montrainer ! En continuant de fouiller dans les papiers, vous trouvez un billet d'avion pour Vancouver portant la date du 22 mars 1989.

- Apparemment, Screwball avait l'intention de s'installer au Canada. Il y a fait transférer ses comptes en banque et son billet d'avion ne comporte qu'un aller simple, faites-vous remarquer.

- Opération Apocalypse, répète le journaliste d'un air rêveur. Je me demande bien ce qui se trame du côté de chez Ray Montrainer !

- Décidément, vous avez l'air de lui en vouloir, à celui-là !

- Je n'ai jamais eu beaucoup de sympathie pour ces prêcheurs d'opérette et en plus, il passe son temps à fustiger la presse en répétant à qui veut l'entendre que nous autres, journalistes, sommes des ambassadeurs de Satan.

A cet instant, vous entendez la porte d'entrée s'ouvrir. Vous n'avez pas le temps de vous échapper par la porte de derrière, et il ne vous reste plus, de ce fait, que deux possibilités : vous enfuir par la fenêtre (rendez-vous au 10) ou vous réfugier dans la salle de bains attenante à la chambre, en espérant que les nouveaux arrivants n'auront pas l'idée de venir vous y chercher. Cette solution vous permettra peut-être de découvrir qui vient d'entrer dans la maison et pourquoi. Si vous décidez de vous enfermer dans la salle de bains.

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