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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Un taxi vous dépose devant l'hôtel. Vous lui réglez le prix de la course (3 dollars et 55 cents) et vous pénétrez dans le hall. L'endroit est accueillant, pittoresque et confortable. Vous louez une chambre qui vous coûtera 60 dollars par nuit et dans laquelle vous pouvez laisser vos affaires si vous avez acheté plusieurs vêtements. Il est maintenant cinq heures : vous avez le temps de vous reposer un peu avant l'arrivée de John Bob de Golf. Si cela vous intéresse, vous avez la possibilité de regarder la télévision : le récepteur installé dans votre chambre vous permet de recevoir quatorze chaînes, ce qui vous donne le choix entre quatorze séries policières en tous points semblables, entrecoupées de publicités rigoureusement identiques. L'Amérique est le pays de la diversité. Un quart d'heure plus tard, vous descendez dans le hall de l'hôtel. John Bob de Golf est déjà là.

- Ah, vous avez mis des vêtements normaux, remarque-t-il. L'uniforme des pompistes de chez Texaco ne manque pas de charme, mais vous avez quand même beaucoup plus d'allure en civil. Allons-y, miss Pushbey nous attend.

Vous suivez de Golf qui a rangé son véhicule un peu plus loin. Le véhicule en question est une moto équipée d'un side-car. L'engin vous paraît surprenant et l'étonnement de votre regard n'a pas échappé au journaliste.

- A San Francisco, il vaut mieux rouler à moto qu'en voiture, dit il, c'est plus pratique pour se faufiler. Évidemment, le « side » n'est pas d'un maniement très commode, mais au moins il permet d'avoir de la compagnie.

Vous vous installez donc dans la nacelle réservée au passager tandis que de Golf enfourche la moto.

Rouler ainsi à ras du sol n'a rien de très rassurant, vous avez l'impression qu'autour de vous, tout est plus grand et vous domine. Mais au bout de quelques minutes, vous finissez par trouver l'expérience amusante et vous vous habituez à ce moyen de transport singulier. Il n'est pas tout à fait cinq heures et demie lorsque de Golf range sa moto à proximité de l'hôtel Galmard. Quelques instants plus tard, vous entrez tous deux dans le hall et vous montez au cinquième étage après avoir demandé au réceptionniste d'annoncer votre arrivée à miss Pushbey. La chambre 529 se trouve au fond d'un couloir, à quelques pas d'une sortie de secours. De Golf frappe à la porte qui s'ouvre presque
aussitôt. Laura Pushbey est une jeune femme blonde dont les yeux gris et globuleux paraissent trop grands pour son visage et lui donnent un air de perpétuel effarement. En voyant que John Bob de Golf n'est pas seul, elle a tout d'abord une réaction de méfiance, mais lorsque le journaliste lui explique que Yaliocka est votre demi-soeur, la jeune femme se détend et vous fait entrer dans une chambre à l'ameublement banal. Vous remarquez
qu'elle a pris la précaution de refermer la porte à clé derrière vous. Vous vous asseyez tous trois autour d'une table basse sur laquelle sont disposés trois verres et quelques bouteilles. Laura Pushbey vous offre à boire, ce que John Bob de Golf accepte volontiers, avec même une lueur gourmande dans le regard lorsqu'il constate que le whisky qu'elle lui propose est un pur malt de douze ans d'âge. Vous vous contentez, quant à vous, d'un jus de tomate. - Comme je vous l'ai déjà dit au téléphone, c'est sur les conseils de Valiocka que je vous ai contacté, déclare Laura Pushbey. Malheureusement, ce que je dois vous annoncer n'a rien de très plaisant.

Vous sursautez en entendant ces paroles : serait-il arrivé malheur à Valiocka la Juste ?

- Tout d'abord, sachez que j'exerce la profession de chimiste. Pendant très longtemps, j'ai été - et je suis encore - une collaboratrice du professeur Peter Medduzz... Je crois que ce
nom ne vous est pas inconnu ?

En effet, Valiocka m'a déjà parlé de lui, répond de Golf.

Vous savez où est Medduzz ? vous exclamez-vous.

- Oui. Il est très loin d'ici, et Valiocka est sa prisonnière...

- Quoi ? s'écrie de Golf.

- Medduzz est devenu... Enfin, disons que son équilibre psychique a été très affecté, ces derniers temps... reprend la jeune femme. Aujourd'hui, j'estime n'avoir plus le droit de garder le silence sur ses activités : cet homme est dangereux...

- Mais où est-il et pourquoi séquestre-t-il Valiocka ? interroge le journaliste.

- Elle risquait de faire échouer ses projets... Des projets monstrueux, murmure Laura Pushbey. Je... Je suis venu vous demander votre aide... Vous êtes le seul à pouvoir agir, m'a dit Valiocka. Elle a en vous toute confiance, mais il faut faire vite ! Toute confiance ! Si elle savait avec quelle désinvolture de Golf parle d'elle, sa confiance aurait tôt fait de s'envoler !

- Je vais vous dire tout ce que je sais, poursuit miss Pushbey, mais prenez garde : Peter Medduzz est puissant, très puissant, et ses hommes ne reculent devant rien.

A ce moment quelqu'un frappe à la porte. Votre siège est celui qui se trouve le plus près de l'entrée.

Vous pouvez donc aller voir qui a frappé si vous le désirez.

Si vous préférez laisser la jeune femme aller voir elle-même.

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