Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

Publicité

179

Louer une chambre dans une pension de la ville et vous y faire oublier ne présente aucune difficulté au milieu d'un tel chambardement. Vous écrivez à mots couverts à votre mère pour lui communiquer votre adresse, en lui recommandant de ne la révéler à personne. Les semaines suivantes s'écoulent lentement.

Les jours se suivent, jalonnés de petites escarmouches entre factions loyalistes et révolutionnaires, mais, d'un côté comme de l'autre, on paraît marquer le pas dans l'attente de l'étincelle, surgie d'on ne sait où, qui mettra le feu aux poudres et déclenchera l'inéluctable affrontement. En surface, la ville a repris son aspect habituel, mais, sous ce calme apparent, les rancœurs et les injustices demeurent. Paris est une poudrière qui n'attend qu'un brûlot pour exploser... A la mi-août, vous recevez une lettre. Reconnaissant l'écriture de votre mère, vous vous hâtez de l'ouvrir. Enfin des nouvelles de votre famille !

Cher Philippe,

J'espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé. Vous m'avez demandé de ne parler de vous à personne. Il y a trois jours, deux militaires sont venus me demander si j'avais de vos nouvelles. Ils ont déclaré que vous étiez un déserteur et que vous aviez trahi le roi. Je ne les ai pas crus. Philippe, mon fils, que vous est-il arrivé ? J'aurais voulu pouvoir vous annoncer de vive voix les graves nouvelles que j'ai à vous apprendre, mais je comprends que vous devez rester caché durant quelque temps. Philippe, mon fils unique bien-aimé, votre père n'est plus. Je sais que ce sera un choc terrible pour vous. Je vous jure qu'il n'a pas souffert. Il s'est éteint paisiblement dans son sommeil, il y a plus d'une semaine de cela.

J'ai pensé qu'il serait dangereux pour vous d'assister aux funérailles, c'est pourquoi j'ai tardé à vous écrire. Cependant, Philippe, maintenant que je suis seule, j'ai besoin de votre aide. Je n'ai personne d'autre à qui m'adresser. Le baron de Paton a introduit une action en revendication sur les biens de votre père. Il semble qu'il ait prêté de l'argent à votre père il y a bien des années de cela et qu'il n'ait jamais été remboursé. Mon fils chéri, vous devez agir dans cette affaire selon votre cœur. Vous êtes le seul à savoir quel danger vous ferait courir votre retour à la maison.

N'oubliez jamais que je vous aime plus que tout au monde.

Votre mère affectionnée,

Antoinette d'Auvergne

Si vous êtes disposé à prendre le risque de retourner chez vous.

Si vous estimez plus prudent de rester à Paris.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article