Lecture des livres dont vous êtes le héros
4 Juin 2013
De toutes les questions qui vous viennent à l'esprit, il en est une qui vous tient particulièrement à cœur.
- Dis-moi, Keldrilh, que penses-tu de mes compagnons de voyage ?
- Il y a longtemps que j'attendais cette question, vous répond le ménestrel en souriant. Commençons par Valkyr. Son empereur, sire Péreim, fut autrefois mon meilleur ami. Les deux hommes se ressemblent à un point tel qu'ils possèdent les mêmes qualités et les mêmes défauts.
Comme son maître, Valkyr est honnête, fidèle, fort, brave et intrépide. A cela, j'ajouterai qu'il est le meilleur bretteur que j'aie jamais rencontré. Toutes vertus qui font de lui un admirable meneur d'hommes. C'est le sang d'un grand conquérant qui coule dans ses veines. Mais toute médaille a son revers... car le sens de l'honneur des chevaliers de l'ordre du Premier Écu ne connaît pas de limite. Pour mener sa quête à bien ou vaincre l'ennemi que lui désigne Assilane, son épée enchantée, Valkyr pourrait sacrifier mille hommes sans sourciller. En cela, le paladin représente un danger permanent pour ses compagnons d'armes. Passons à Laurin maintenant. Son double héritage d'homme et de fée fait de lui un être aussi étrange à nos yeux qu'un elfe de Mani. Ses talents sont multiples et variés. Il est aussi bon musicien que moi, connaît maintes légendes qu'il raconte merveilleusement, n'a pas son égal comme archer et possède de grands pouvoirs sur les éléments. Et, comme si cela ne suffisait pas, il a aussi appris à naviguer. A maints égards, il semble parfois que Laurin vient d'un autre monde. J'avais la même impression, autrefois, lorsque je me trouvais en compagnie de sa mère, Caïthness l'élémentaliste. Comme elle, Laurin est souvent déconcertant. Il fait toute chose avec tant de facilité qu'il en devient même agaçant de voyager avec lui. Mais une chose est sûre : tu peux vraiment compter sur lui. Avec Laurin, la générosité et la bonté ne sont pas des mots vides de sens. Si j'ai gardé Yamaël pour la fin, c'est que l'homme reste pour moi un véritable mystère. Tu n'es pas sans savoir que j'ai toujours eu un peu d'aversion pour les enchanteurs de la Cité du Lac. Certes, j'estime et respecte leur maître, Kandjar, et son œuvre en Dorgan. Mais l'histoire nous a appris que les magiciens peuvent commettre les pires folies s'ils sont possédés par leur désir de puissance. Quant à Yamaël, le plus étrange est que je ne lui trouve aucune ressemblance avec Kandjar. Sous l'incroyable beauté de ses traits, son regard est d'une dureté qui fait passer un frisson dans le dos. Par intuition, plus que par raison, je te conseille vivement de te méfier de lui. Satisfait de constater que l'opinion de Keldrilh en ce qui concerne Valkyr, Laurin et Yamaël diffère peu de la vôtre, vous décidez, non sans avoir joué un dernier air de flûte, de mettre un terme à votre veillée car, pour l'avoir déjà entreprise plusieurs fois, vous savez que la traversée de la Grande Plaine est une épreuve fatigante.