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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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La matinée s'achève quand vous êtes en mesure d'affirmer que la magie a définitivement tiré le pirate des griffes de la mort. A son réveil, il regarde longuement autour de lui, souriant, visiblement heureux de se sentir vivant et en bonne santé. Naturellement, vous avez pris soin de le transporter dans une autre hutte pendant son sommeil et d'enterrer la dépouille de ses deux compagnons à la lisière de la forêt.

Du fond du cœur, je vous suis reconnaissant de m'avoir sauvé la vie, déclare-t-il en s'asseyant en tailleur.

- Tu reviens de loin, matelot. Mais ne t'attends pas à trop de bienveillance de notre part. Qui es-tu ?

- Je m'appelle Diran. Je ne suis pas matelot mais capitaine, pour l'heure privé de bateau et d'équipage. Et vous êtes Galidou, Laurin, Valkyr et Yamaël, ceux que l'on nomme les Héritiers de Dorgan.

- Comment sais-tu qui nous sommes ?

- Comment pourrais-je ne pas le savoir ? Cela fait bien des années que votre tête a été mise à prix par les prêtres de Malmort.

- Qu'étais-tu venu faire à Su'u Holo ?

- C'est une longue histoire. Mais elle vous permettra de mieux connaître mon peuple et, je l'espère, de me juger moins sévèrement. D'abord, vous devez savoir qu'il fut un temps où il faisait bon vivre dans le royaume des Saraïs, avant que notre roi ne devienne un pantin entre les mains des prêtres sorciers de Malmort. A cette époque, je n'étais encore qu'un jeune officier. Soldat, je rêvais de gloire. Marin, j'aurais tout donné pour devenir capitaine. Mon souhait se réalisa, six ans plus tard, mais le cœur n'y était plus depuis longtemps. J'étais las de livrer des guerres inutiles, d'assister impuissant aux actes de cruauté des soldats formés par les sorciers de Malmort, de voir s'accroître l'immense richesse de la cour du roi comparée à la pauvreté grandissante de son peuple. Puis j'ai été envoyé à Dorgan, où j'ai participé au siège de ce fort que vous appelez l'Ultime Rempart. A mon retour au pays, comme bon nombre d'officiers de l'armée des Saraïs, je fus tenu pour responsable de la défaite. Mais j'ai eu de la chance : je n'ai pas été pendu. Toutefois, mon sort n'était guère enviable. Mes juges avaient décidé de placer mon bateau et mon équipage sous les ordres des laquais de Synaps. Six mois plus tard, je partais avec plus d'une trentaine de navires des Saraïs en direction de l'Archipel des îles Polyps... Autant dire en exil !

- Ton histoire est tout à fait passionnante. Mais réponds à ma question ! Pourquoi te trouves-tu à Su'u Holo ?

- Un peu de patience, messire. J'y viens. Notre flotte passait au large de l'île, en direction de Sangre, quand une formidable tempête se leva. C'est à ce moment que je décidai de privilégier ma dignité d'homme au détriment de mon devoir d'obéissance. J'avais mis deux longues années à éliminer de mon équipage les brebis galeuses que je soupçonnais de servir les intérêts de Malmort. D'un commun accord avec mes marins, nous avons profité du désordre causé par la tourmente pour déserter. Hélas, le vent soufflait si violemment que le Bakhar, mon navire, malgré tous nos efforts, fut entraîné sur les hauts-fonds de Su'u Holo ! Depuis ce jour funeste, nous avons vécu dans ce village abandonné, ne quittant cette retraite qu'une seule fois, pour trois jours, il y a environ deux semaines, afin d'éviter les soldats de votre armada. Car cinquante navires battant pavillon de Dorgan étaient entrés dans la Mer Intérieure de l'île. Redoutant que vos marins ne fassent pas de quartier s'ils nous trouvaient, nous nous sommes cachés dans la forêt où, pour avoir bu une eau malsaine, nous sommes tous tombés-gravement malades.

Et que sont devenus les habitants du village ?

Je n'en sais rien. Lorsque nous nous sommes i choués, il était vide de tout habitant. Je suppose qu'ils ont été enlevés par les sorciers de Malmort. - Et que sais-tu des autres îles de l'archipel ?

Avant de répondre à cette question, je voudrais vous demander une faveur.

- Une faveur... dans ta situation ? Tu ne manques pas de toupet ! De quoi s'agit-il ?

- Si vous n'y voyez pas d'objection, je voudrais faire un brin de toilette et me changer. Je me sens si sale ! Je possède une malle pleine de vêtements propres qui se trouve dans la hutte où vous m'avez découvert.

Le comportement, le langage et l'histoire de cet homme n'ont vraiment rien de commun avec l'idée que vous vous faisiez d'un pirate des Saraïs. Aussi décidez-vous de le traiter avec dignité. De plus, vous avez déjà fouillé le contenu de cette malle sans y trouver autre chose que des vêtements typiques des habitants de son royaume.

- C'est d'accord, répondez-vous à Diran.

Un quart d'heure plus tard, c'est un homme neuf, dans la force de l'âge, qui se tient devant vous, droit comme un i. Il porte maintenant, avec élégance, un ample vêtement de toile serré aux poignets et aux chevilles.

- Seigneurs, déclare-t-il d'une voix de baryton, j'ai une seconde requête à formuler. J'ai une faim de loup. Pourriez-vous me donner quelque chose à manger ?

- Tu as en effet besoin de te nourrir pour reprendre des forces, répondez-vous à cette seconde demande. Nous ne t'avons certes pas sauvé la vie pour te laisser mourir de faim.

- J'avoue être surpris, remarque Diran avant de s'interrompre un instant pour mordre à belles dents dans un morceau de viande fumée. Ce matin, quand vous m'avez trouvé agonisant, j'ai pensé qu'il valait mieux mourir tout de suite plutôt que de tomber entre vos mains. Mais vous m'avez soigné. Ensuite, à mon réveil, j'avoue avoir pensé que vous me tueriez dès que j'aurais répondu à vos questions. -Mais je vois qu'il n'en sera rien. Vous n'êtes visiblement pas ces monstres fourbes et cruels que se plaisent à décrire les prêtres de Malmort. En conséquence, je souhaite Vous donner un témoignage concret de ma reconnaissance. Il s'agit d'un talisman que j'ai trouvé, il y a bien des années, accroché au cou d'un squelette, loin au sud de votre monde de Dorgan, dans les ruines de la ville fortifiée de Nagra, sur les décombres du pays des devins de Pnoth. Sur cet objet se trouvent gravés d'étranges symboles. Naturellement, j'ai essayé de les faire traduire. Mais le mage auquel je me suis adressé m'a répondu qu'il devait garder l'objet plusieurs jours. J'ai refusé tout net. Alors, il a essayé de me l'acheter. Il était visiblement prêt à le payer n'importe quel prix. J'ai encore refusé, certain d'avoir découvert l'un de ces objets magiques dont la valeur ne s'estime pas en monnaie sonnante et trébuchante. Le lendemain, j'ai miraculeusement échappé à une tentative d'assassinat. J'ai alors décidé de quitter la ville sans laisser d'adresse. Comme je ne voulais pas prendre le risque de porter le talisman, j'ai été à maintes reprises tenté de consulter d'autres mages. Mais j'avais été échaudé par ma première expérience. Insatisfait, mais déterminé à rester en vie et à conserver mon trésor, je décidai de le cacher jusqu'au jour où une occasion se présenterait d'en savoir plus sur son compte. Ce talisman dont je vous parle se trouve dans un petit coffret plat, caché dans un compartiment secret de ma malle. Acceptez-le en gage de ma gratitude. Mais attention ! Moi seul peux ouvrir cette boîte sans déclencher le mécanisme du piège qui en protège le contenu.

En suivant les instructions de Diran, vous trouvez facilement le coffret. Mais au moment de le lui remettre, vous hésitez.

Si les propos du capitaine des Saraï vous ont inspiré confiance.

Si au contraire vous êtes convaincu que ce pirate tente d'endormir votre méfiance afin de vous jouer un sale tour.

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