Lecture des livres dont vous êtes le héros
17 Novembre 2013
La fillette détale comme un lièvre. Loup*Ardent avec sa robustesse pourrait peut-être la rattraper en terrain découvert. Mais ici, dans ce dédale embrouillé d'allées et de ruelles, elle disparaît en un clin d'œil, le laissant seul, sans guide, perdu. Loup*Ardent fronce les sourcils, furieux. Malgré sa robe, tous les sortilèges de son père restent inopérants, faute de Pouvoir. Il a grand besoin d'arriver à la Guilde et la Maison des Alchimistes est dans la vieille ville, il le sait parfaitement. Ce qu'il ignore, c'est comment y arriver.
Il s'arrête un instant pour faire le point. En poursuivant l'enfant, il est arrivé sur une place carrée et pavée : un marché d'après les nombreuses échoppes qui s'y dressent. L'endroit est animé, grouillant de marchands barbus et bien en chair et de leurs clients qui se bousculent. La plupart des boutiques sont flanquées d'un Garde, signe muet des dangers du quartier
Loup*Ardent déteste montrer sa faiblesse (quel sorcier reste perdu alors qu'une simple formule de divination peut le mettre dans la bonne direction ?) mais il est bien obligé de demander son chemin, et de faire confiance à son vigoureux bras droit. Il se dirige donc vers une échoppe encombrée d'ustensiles en cuivre, lorsqu'un léger attouchement sur son bras lui fait tourner la tête.
La femme est mince, brune, et d'une remarquable beauté. Elle est curieusement vêtue pour une courtisane, avec son pantalon de velours, et sa blouse blanche à col haut. L'espace d'un instant, sa présence trouble Loup*Ardent, mais sa mission ne peut souffrir aucun retard, et il sourit en dégageant son bras. Sans ajouter un mot, la femme hausse les épaules, fait demi-tour, et s'éloigne.
Car peut-être cette femme sait-elle où est la Maison de la Guilde des Alchimistes. Et quelques pièces d'argent pourraient certainement acheter le renseignement.
Loup* Ardent met la main à sa poche pour en tirer sa bourse. Mais la bourse a disparu ! Il reste abasourdi pendant quelques secondes, puis il plonge au milieu de la foule pour rattraper la jeune femme. Mais à peine a-t-il fait quelques pas qu'un énorme gaillard à la barbe rousse lui barre la route, et lui déclare d'un ton railleur :
On dirait que la petite dame ne veut pas faire affaire avec vous, Étranger !
— Écartez-vous, grogne Loup*Ardent, furieux du vol de sa bourse.
Tiens tiens... notre sorcier serait-il de mauvaise humeur ? Et si je ne voulais pas bouger ?... Loup*Ardent met la main sur la garde d'Exterminator, qui déjà mugit dans son fourreau, impatiente d'agir. Mais il ne veut pas tuer cet homme ; il désire simplement lui faire peur afin qu'il lui laisse le champ libre. Sans paraître le moins du monde épouvanté, l'homme tend le bras et, de sa main, il pousse violemment Loup*Ardent qui fait un pas en arrière, et trébuche sur un individu de petite taille qui s'était accroupi derrière lui. Il tombe de tout son long, mais se remet vite sur pied, d'un bond, à la façon des Barbares, tirant son épée dans le même mouvement. Mais l'homme à la barbe rousse, son complice, ainsi que la jeune femme ont disparu, et Loup*Ardent se retrouve face à une foule de badauds qui étouffent leurs rires à la vue d'Exterminator, Écumant de rage, Loup*Ardent se tourne en tous sens, contrôlant à grand-peine sa lame démoniaque qui décrit des moulinets en direction de la foule. Laquelle ne tarde pas, d'ailleurs, à se disperser dans la confusion la plus totale, laissant la place à six Gardes menés par un Sergent, qui se précipitent vers lui.
— Lâchez cette arme, Etranger ! hurle le Sergent.
Voilà notre héros dans une situation fâcheuse. S'il obéit à l'ordre du Sergent, c'est à coup sur la prison qui l'attend. Et il n'a pas la moindre minute à perdre. S'il refuse d'obéir, il va devoir livrer combat... contre sept adversaires ! Il faut prendre une décision, et vite.