Lecture des livres dont vous êtes le héros
17 Novembre 2013
Il entend le cliquetis de la chaîne, et la porte s'ouvre juste assez pour lui permettre de se glisser dans une entrée obscure. Puis la porte se referme dans un bruissement de chaîne et un claquement de verrou. Dans le peu de lumière qui est venue de la rue, Loup*Ardent a eu l'impression fugitive de reconnaître une silhouette. Une silhouette mince, qui lui est étrangement familière.
— Merci, dit-il pour rassurer celle qui l'a sauvé.
— Taisez-vous ! Les Gardes sont derrière la porte. Ils peuvent nous entendre, lui est-il répondu dans un murmure.
Un murmure... et pourtant cette voix lui semble également familière. Mais sans lui laisser le temps de réfléchir plus avant, une main lui saisit le poignet, et il se laisse guider tout d'abord dans un couloir sombre puis, jusqu'à une porte sous laquelle brille un rai de lumière. On pousse la porte, et alors, en une seconde, l'évidence l'illumine et lui fait porter la main sur la garde d'Exterminator. Ce pantalon de velours, ce corsage à haut col... la femme qui lui a dérobé sa bourse ! Et, dans la pièce sur le seuil de laquelle il se trouve, se réchauffant au feu d'une grande cheminée, les deux hommes de la place : le grand gaillard à la barbe rousse, et l'individu de petite taille. A la grande surprise de Loup*Ardent, son geste de menace ne provoque que des éclats de rire !
— Laissez donc votre épée tranquille, lui conseille joyeusement l'homme à la barbe. Ne nous chamaillons pas maintenant, sinon les Gardes ne manqueront pas de vous découvrir. Et nous avec vous. Et personne ne souhaite cela, n'est-ce-pas ? Le ton de l'homme, plus que ses mots inspirent un début de confiance à Loup*Ardent.
— Mais qui êtes-vous ? demande-t-il.
— De simples et honnêtes voleurs, répond le petit homme avec un grand sourire. Qui craignent, comme tout un chacun, ces maudits Gardes du roi. Car, ne les craignez-vous pas, vous aussi ? Et n'êtes- vous pas, comme nous, un hors-la-loi ? Loup*Ardent, ahuri, dévisage à tour de rôle ses trois compagnons, Puis, il éclate de rire : ces trois bandits ont été la cause de sa fuite devant les Gardes. Et maintenant voilà qu'ils le sauvent de ces mêmes Gardes, en pensant qu'il est, comme eux, un hors-la- loi !
— Peut-être, répond Loup*Ardent, en étouffant son rire. Mais cela ne règle pas le problème de ma bourse.
— Nous l'avons gagnée, tout simplement. Et cette fois, c'est la femme qui a parlé, d'un ton grave, comme définitif.
— Chacun son opinion, réplique Loup*Ardent. Car en ce qui me concerne, je pense que vous l'avez volée. Et comme mon bras droit me semble plus musclé que ceux de vos amis, ma propre opinion pèse d'un certain poids.
— Il nous défie ! Il nous défie, hurle le petit homme d'un air ravi. Un sorcier nous provoque ! Et, se tournant vers ses comparses, il ajoute d'un air sérieux : Qui a peur ?
— Si vous renoncez à votre magie, eh bien, c'est d'accord, je relève le défi, dit la femme.
— Vous? réplique Loup*Ardent au comble de la surprise.
— Bien sûr, si cette idée ne vous effraie pas trop. Nous allons nous battre en combat singulier. A l'épée, puisque vous semblez aimer ce genre d'arme. Et le vainqueur sera celui — ou celle — de nous deux qui, le premier — ou la première — fera couler le sang de l'autre.
Se battre contre une femme... Comme tous les guerriers, jamais Loup*Ardent n'avait imaginé pareille éventualité. Et d'abord, comment se bâton contre une femme ? Il se sent un peu ridicule, mais il sait qu'il lui est impossible de se dérober.