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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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8

La mort habite ces lieux depuis des siècles. Les osse­ments d'êtres qui ont été vivants, d'hommes qui, comme lui, ont aimé la vie, de femmes qui ont éprouvé la brûlure de l'amour, s'entassent ici. Tous, maintenant, réduits à l'état de vestiges anonymes de ce qui, un jour, a vécu. Ils gisent là, à tout jamais oubliés au fond d'une crypte, solitaires, inutiles.

— Vous y allez un peu fort. Barbare ! Loup*Ardent fait un bond, comme s'il avait été piqué par un serpent. Une des têtes de mort a parlé ! Une mâchoire décolorée s'est animée, des dents se sont entrechoquées et, malgré l'absence de langue, des mots sont clairement sortis d'une mâchoire morte ! Invraisemblable !

— Pas tout à fait, dit le crâne.

Qui plus est, il lit dans ses pensées ! Terrorisé, Loup*Ardent porte la main à son épée. Le crâne

— Que voulez-vous faire : me tuer ?

Loup* Ardent se fige, puis il laisse retomber son bras en réalisant la stupidité de son geste : n'allait-il pas attaquer quelque chose qui est mort depuis peut-être cinq siècles ?

— Plutôt sept, dit le crâne. Vous n'étiez pas loin de la vérité. Au fait, je m'appelle Harold.

— Et moi Loup*Ardent, lui répond machinalement Loup*Ardent, se demandant s'il n'est pas en train de perdre la raison. Je ne vois pas pourquoi vous êtes si surpris, reprend Harold. Si vous êtes rompu à la nécroman­cie, vous devez avoir l'habitude de ce genre de cho­ses. Les derniers mots que Loup*Ardent vient d'en­tendre résonnent bizarrement à ses oreilles, et il ne peut s'empêcher de répondre :

— Je ne suis pas nécromancien. Crâne.

— Harold, rectifie la tête de mort.

— Je ne suis pas nécromancien, Harold. Ces secrets me sont étrangers.

— Tout s'explique. Harold hoche vraiment la tête, son crâne vide se soulevant réellement. Mais cela ne me dit pas ce que vous faites ici.

— Je suis à la recherche de Pouvoir, dit simplement Loup*Ardent.

— Ici, en bas, vous en trouverez à profusion, lui dit Harold. Les cryptes en regorgent littéralement. Le problème, évidemment, est de survivre assez long­temps pour arriver à l'emporter d'ici. Pour moi, je n'y ai pas vraiment réussi comme vous pouvez le constater.

— Vous ?

— Eh oui. Je n'ai pas toujours eu cette apparence, vous savez. Avant que mes bras et mes jambes ne me quittent, j'étais un guerrier redoutable. Mais c'était il y a bien longtemps et tout retourne à la cendre, je l'ai toujours su, ajoute Harold avec philosophie.

— Mais à quoi passez-vous votre temps ? demande Loup*Ardent avec curiosité. Car maintenant, il se sent parfaitement adapté à la folie de la situation, si folie il y a : la Confrérie des Nécromanciens n'a- t-elle pas acquit une solide réputation pour son art de ressusciter les morts ? Et la différence est minime, entre un cadavre et une tête de mort !

A traîner çà et là, répond Harold avec le plus grand naturel, alors que non loin de l'endroit où il repose, deux clavicules s'entrechoquent de temps à autre. A faire la conversation avec les Goules, les Fantômes, les Vampires, A chantonner... mes jour­nées et mes nuits sont bien occupées, vous savez. Le sang de Loup*Ardent se glace,

— Il y a des Vampires, ici ?

— Quelques-uns, dit Harold. D'agréables compa­gnons, pour la plupart, bien qu'ils aient un peu ten­dance à être obsédés par la nature de leur prochain repas. Tenez : il y en a un là-bas, dans le sarcophage. Vous devriez vraiment faire sa connaissance. Un Pouvoir considérable lui permet de se maintenir en vie. J'imagine que vous n'avez pas de pieu, n'est-ce pas?

— Non, admet Loup*Ardent.

— Dommage. Un bon pieu vous aurait facilité la tâche. Mais, bâti comme vous l'êtes, vous pouvez certainement en venir à bout à mains nues. Car alors, vous pourriez vous rendre maître de tout son Pouvoir. De toute façon, si le Vampire avait le des­sus, nous pourrions toujours nous tenir compa­gnie...

— Ne comptez pas trop sur cette éventualité, dit Loup*Ardent. Car lorsque je meurs, il m'est possi­ble de me réincarner.

— Vraiment ? Personnellement, je n'ai jamais cru en la réincarnation. Mais nous discuterons de cela à un autre moment. Car maintenant, allez-vous vous attaquer au Vampire ?

Bonne question.

Si la réponse de Loup*Ardent est négative, il n’a plus que le choix que de se diriger vers la porte qui se trouve à l'ouest de la crypte.

S'il décide de s'attaquer au Vampire, dans ce cas, il portera le premier coup, puisque Harold l'a prévenu de ce qui l'attendait.

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