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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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-Psst !

Loup*Ardent s'arrête, la main sur le pommeau d'Exterminator.

-N'ayez crainte. Monseigneur, ce n'est pas une agression ! Murmure une petite voix grasseyante. Vous ne croyez quand même pas qu'un gringalet dans mon genre irait s'attaquer à l'homme qui a débarrassé le Royaume de la Horde des Démons ?

-Vous me connaissez ? demande Loup*Ardent en regardant autour de lui sans parvenir à localiser l'origine de la voix.

-Comme tout un chacun. Même à Briséliande, où l'on se préoccupe assez peu du monde extérieur. Et je suis même au courant de vos soucis, avec votre pauvre dame disparue et pas l'ombre d'un réconfort en perspective.

-Où êtes-vous ? demande Loup*Ardent.

A vos pieds, mon cher... à vos pieds ! Loup*Ardent baisse la tête et croise le regard de deux yeux bruns particulièrement brillants, sertis dans le visage ratatiné du plus petit homme qu'il ait jamais vu (y compris le Bouffon de la Cour, qui est pourtant un nain).

-Je m'appelle Olric, dit le petit homme. Comme le Roi actuel, qui n'était encore que Chevalier-Régent au moment de ma naissance, alors que vous, jeune homme, étiez seulement un éclair de malice dans l'œil de votre mère. Vous vous rendez compte que cela fait deux bonnes heures que je vous cherche d'un bout à l'autre de ces bois ?

-Pourquoi me cherchiez-vous, Petit Olric? demande Loup*Ardent en souriant. v

-Pour vous communiquer un renseignement, répond Olric. Et vous proposer un marché.

-Un marché ?

—11 faut vous dire que je suis turfiste, explique le petit homme. Et, pas plus tard que la semaine der­nière, voilà-t-il pas que les chevaux de Penguard m'ont pris jusqu'à ma dernière chemise, me laissant plus fauché que les blés, avec tout juste assez de mitraille pour passer la nuit à l'auberge et casser une petite croûte.

-Si c'est de l'argent... commence Loup*Ardent en cherchant sa bourse.

-Non, il n'est pas question d'argent. C'est de votre tête que j'ai besoin. Parce que je suis convaincu que cette course était truquée. Seulement, pour pouvoir le prouver, il faut que je sache à quelle heure elle a commencé.

-Je crains de ne pas pouvoir vous être utile dans ce domaine, dit Loup*Ardent, car je ne suis jamais allé aux courses de Penguard.

Mais si, vous pouvez m'aider si vous le voulez. Parce que je possède toutes les données du pro­blème, mais je ne suis pas assez intelligent pour cal­culer la solution. Voyez-vous, Seigneur Xandine, le cheval gagnant a terminé la course une minute après trois heures de l'après-midi, avec quatre longueurs d'avance sur le troisième cheval, lequel n'était qu'à deux longueurs du deuxième cheval, qui était celui sur lequel j'avais misé et qui ne s'en doutait même pas, l'imbécile. Or, ce deuxième cheval était à quatre longueurs et demie du quatrième, qui a couru la dis­tance en exactement soixante et une secondes et trois dixièmes. Vous me suivez, jusqu'ici ?

-Je pense, oui, répond Loup*Ardent en fronçant les sourcils.

-Le point important, reprend Petit Olric, c'est que, pendant le dernier quart de la course, tous les che­vaux couraient à la même vitesse, en couvrant une longueur en un cinquième de seconde. Et mainte­nant, avec toutes ces données, pouvez-vous me dire à quelle heure cette sacrée course a commencé ?

Alors, peut-il te dire ? Doit-il seulement prendre la peine d'essayer de le calculer ?

Loup*Ardent est entièrement libre de poursuivre sa route, qu'il choisisse :

le sud-ouest,

le sud-est,

le nord- est,

ou le nord.

Toutefois, s'il décide de se soumettre aux exigences de cet étrange petit homme, rien ne l'empêche de se livrer aux calculs nécessaires.

S'il parvient à la conclusion que la course a commencé :

à 14 heures 50,

à 14 heures 55,

à 14 heures 59,

à 15 heures juste.

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