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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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« Nous avions juré à Entasius que Cordélia lui reviendrait, quel qu'en soit le prix, admettez-vous. Je prendrai donc sa place dans votre royaume. » Azraël vous sourit. « Tu es le digne successeur d'Ulixès, d'Eraklos et de Vallandar. S'il ne tenait qu'à moi, tu retournerais dans le monde des vivants, mais telle est la loi du Créateur, je peux prendre qui je veux, au moment que je choisis, mais le nombre des morts doit rester immuable... Je vais te renvoyer avec Cordélia dans le monde des vivants. Quand tu auras conclu ton accord avec Entasius et que tu lui auras remis l'Épée de Légende, je viendrai réclamer ton âme... » Vous écoutez ces paroles, le coeur serré. Jamais vous ne pourrez combattre les archimages mais, au moins, reverrez-vous le monde d'en haut pour un instant, et Entasius saura bien remettre l'Epée à un héros digne de la porter... Azraël lève le bras vers le fir­mament étoilé. Le ciel se déchire et un faisceau de lumière aveuglante tombe sur le Shéol. Azraël vient d'ouvrir le passage. Un tourbillon de neige s'en­roule autour de vous. Le froid glacial vous ronge jusqu'aux os et gèle vos poumons. Vous poussez un hurlement de terreur. « Silence ! ordonne Azraël. Ce n'est pas la mort que tu crains mais la sensation de renaître à la vie! » Le tourbillon vous entraîne vers les hauteurs. Votre esprit explose en un million de souvenirs se bousculant en désordre dans votre esprit. Le chaos vous submerge... Vous reprenez conscience au contact d'une main posée sur vous. Vous êtes sur une plage balayée par les vagues. Des femmes s'affairent autour de vous pour vous porter secours mais, à l'instant de voir leur visage, vous vous évanouissez à nouveau... Vous vous réveillez sur une table de pierre, dans cette caverne où tout a commencé. La servante est près de vous. Elle vient de déposer un liquide noir sur vos lèvres. Vous vous redressez, encore étourdi. Vous êtes vêtu d'une robe blanche et l'Épée de Légende est à côté de vous. Cordélia est présente, elle aussi, et elle regarde autour d'elle sans comprendre. « Vous étiez nu quand nous vous avons recueilli sur la grève, dit la servante d'une voix douce. Nous n'aviez plus rien, à part cette Épée. » Vous secouez la tête, comme pour vous débarrasser d'un mauvais rêve. « Je n'ai que peu de temps, dites-vous. J'ai conclu un pacte avec la Mort, elle va venir me réclamer. Quel est ce liquide amer ? » La servante repose le vase d'albâtre qui le contenait : « C'est l'antidote du produit qui vous a envoyé dans le Shéol. » Elle s'ap­proche de Cordélia. « N'ayez aucune crainte, lui dit-elle. Vous êtes de nouveau dans le monde des vivants. Entasius vous attendait. » Cordélia se lève et le vieux magicien fait son entrée. « Oui, mon amour, dit-il. Nous voici à nouveau réunis et plus rien ne nous séparera désormais... » Il s'avance vers la jeune fille, mais elle réprime un frisson quand il cherche à la toucher. « Tu n'es pas Entasius ! s'exclame-t-elle, effrayée. Mon Entasius est jeune et fort... Toi, tu n'es qu'un vieillard. » Le vieux magi­cien pousse un cri de douleur en lisant dans les yeux de sa belle la répulsion qu'il lui inspire. « J'aurai donc attendu tout ce temps pour rien, gémit-il. Celle que j'ai perdue ne me reviendra jamais... » Il se tourne, comme si quelqu'un venait de pénétrer dans la pièce. Vous suivez son regard, mais vous ne voyez rien. « Azraël, dit-il d'une voix désolée, pen­dant tous ces siècles, j'ai contré ton pouvoir. Le temps perdu ne peut être rattrapé, je le comprends maintenant. Je n'ai jamais aimé qu'un souvenir. Je suis à toi maintenant... » Une ombre le recouvre et, pendant un instant, vous croyez voir une silhouette en robe noire. Entasius porte la main à son coeur et s'écroule, mort... Un murmure résonne à vos oreilles : « Je te libère de ton serment. Entasius a donné sa vie contre celle de sa bien aimée. La balance est à nouveau équilibrée. Mais le jour vien­dra où il faudra te présenter devant moi... » Un souffle glacial vous effleure. La Mort vient de quit­ter la pièce, ne laissant que des sanglots derrière elle. Cordélia est penchée sur le vieux magicien et pleure doucement en caressant sa tête blanche. Il est trop tard pour les regrets. La servante quitte la pièce en silence et vous lui emboîtez le pas. (438)

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