Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Notre itinéraire nous fit traverser un terrain particulièrement humide mais nous ne rencontrâmes heureusement pas de bourbier aussi dangereux que celui dans lequel était récemment tombée Ana. Nous entrâmes ensuite dans une clairière assez vaste et occupée dans sa majeure partie par un étang aux eaux calmes qui miroitaient sous la clarté lunaire. Les lieux dégageaient une atmosphère paisible qui tranchait avec notre fuite effrénée devant les pillards zalténites et qui raffermit mon optimisme quant au succès de notre entreprise. Nous n'avions plus perçu aucun signe de leur présence dans les parages depuis environ une heure et j'avais désormais bon espoir que nous soyons parvenus à les semer pour de bon. Il ne nous restait plus qu'à espérer que la prison de Siméon ne soit pas trop étroitement surveillée.
En longeant la mare, je repérai une zone recouverte par d'immenses roseaux qui ployaient sous le poids de leurs quenouilles duveteuses. En dépit de la pénombre, je remarquai la blancheur de leurs longues feuilles ciselées, une caractéristique propre à une espèce dont la sève est réputée pour ses vertus cicatrisantes. Je me remémorai alors les cours de botanique du moine Gweldin qui appelait ces plantes plumes de cygne.
Je fis signe à Ana de m'attendre le temps que j'aille en arracher deux ou trois plants puis m'approchai en prenant garde de ne pas m'enliser dans la terre boueuse qui bordait l'étang. Je ne me trouvais qu'à quelques pas des roseaux quand un bruissement m'alerta. Les grandes tiges s'agitèrent furieusement puis une masse sombre et trapue en sortit pour me charger sans autre forme de procès. Je venais de déranger un sanglier pendant qu'il se désaltérait et je risquais de payer au prix fort cette lourde erreur.
Si Joan se jette sur le côté pour éviter l'assaut de l'animal.
S'il préfère sortir son arme et esquiver au dernier moment tout en frappant la bête.