Lecture des livres dont vous êtes le héros
29 Mars 2014
Toujours en me dissimulant derrière l'écran de verdure, je gagnai un endroit plus proche
du châtelet à l'orée de la clairière. Puis, je m'élançai à découvert pour atteindre en
quelques foulées rapides l'ombre protectrice de la muraille et longeai cette dernière
jusqu'à l'entrée du corps de garde. Un coup d'oeil prudent à travers l'ouverture me
confirma que la cour intérieure était vide et son accès par le pont-levis non gardé.
Derrière la herse relevée, un sombre passage en ogive d'une vingtaine de pas menait à la
cour.
Je remarquai dans la pénombre une petite porte en bois encastrée sur le côté, derrière
laquelle devait se trouver l'escalier conduisant au chemin de ronde. A tout hasard, je
collai mon oreille contre le battant. Bien m'en prit car j'entendis du mouvement de l'autre
côté.
Une personne se déplaçait en produisant des sons métalliques, peut-être ceux d'une
armure, et semblait s'éloigner lentement de la porte. J'entrebaillai celle-ci et découvris
une casemate emplie d'outils et de diverses armes blanches. Mon coeur bondit dans ma
poitrine lorsque je reconnus la silhouette trapue et cornue d'un kayolin au fond de la
pièce.
Le petit humanoïde me tournait le dos et semblait affairé à réparer sa ceinture de cuir.
Bien que casqué et protégé par une chemise de mailles, cet ennemi ne m'impressionnait
guère et je me sentais de taille à l'éliminer rapidement avant qu'il ne prenne conscience de
ma présence et ne déclenche l'alerte. Maintenant que j'avais trouvé le repaire des pillards,
il me fallait absolument l'explorer et y trouver ce qu'étaient devenus mes compagnons
non tombés sur le champ de bataille.
Si Joan charge par surprise le kayolin,
s'il referme doucement la porte pour pénétrer plus avant dans la place-forte.