Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Je repris conscience sous l'effet d'une puissante migraine qui me vrillait sans relâche la cervelle. Joan perd 2 points de Vitalité. Je crus un instant que la douleur était forte au point de m'empêcher le moindre mouvement mais je compris finalement que mes chevilles et mes poignets étaient entravés par des liens solides. J'étais assis sur de la pierre nue, les bras attachés dans le dos. A mes côtés, d'autres hommes avaient subi le même sort et se trouvaient pareillement saucissonnés. En tout, nous étions une dizaine de prisonniers incarcérés dans une caverne éclairée par des torchères huileuses. Un tunnel s'échappait de la grotte mais son accès était bloqué par une herse en bois grossièrement équarri.
− Il se réveille, fit une voix bourrue toute proche.
Je tournai ma tête alourdie vers un visage mangé par une barbe broussailleuse.
− Comment ça va, petit ?
− Pas très fort, parvins-je à articuler. Où suis-je ?
− Dans les mines d'Asguenn. Du moins, dans la partie que ces salauds ont aménagée en prison pour ceux dont la tête ne leur revient pas.
− Excusez-moi mais je ne vous suis pas très bien. De qui parlez-vous ?
Qui m'a emmené ici ?
− Je me disais bien que je ne t'avais jamais vu avant, remarqua doctement l'inconnu. On dirait tout simplement que t'as mis les pieds au mauvais endroit et au mauvais moment.
J'écarquillai les yeux pour confirmer mon incompréhension et inciter mon compagnon d'infortune à poursuivre.
− Ils sont arrivés voilà dix jours. Des dizaines de cavaliers zalténites.
Tu connais le Zalten ? C'est un pays très chaud, désertique, de l'autre côté des Monts Galabad et du Dornos. Ils n'ont pas de roi là-bas, juste des princes qui passent leurs temps à se faire la guerre les uns contre les autres. Bref, ces étrangers sont arrivés par surprise et ils ont massacré un bon nombre d'hommes avant de soumettre tous les habitants d'Asguenn.
Nous avons cru au début qu'ils partiraient une fois que nous leur aurions cédé toutes nos richesses, mais non. Ils sont restés et se contentent d'être nourris et logés à nos frais. Enfin… pas exactement. Certains d'entre eux supervisent le travail des mineurs et en ont fait de véritables esclaves, leur laissant juste de quoi survivre. Tous les hommes jeunes et
valides y ont été envoyés de force hormis quelques spécialistes dont ils ont encore besoin. Comme tu vois, leur comportement est étrange. A mon avis, ce ne sont pas de simples pillards mais ils doivent appartenir à une armée venue pour conquérir la Tannorie.
− C'est incroyable ! Personne n'a cherché à s'organiser contre eux ?
Personne n'a tenté de contacter le roi pour le prévenir ? Il pourrait envoyer ses soldats pour vous venir en aide.
L'homme soupira en secouant la tête avec lassitude.
− Si, bien sûr. Certains comme moi ont voulu résister ou quitter la ville en douce mais, soit ils les ont tués, soit ils les ont gardés bien au frais.
Maintenant, tu comprends ce que nous faisons ici !
La situation se révélait vraiment critique. Cette attaque organisée de pillards sur Asguenn confirmait les craintes de mon père. Si ces Zalténites avaient entrepris de conquérir le royaume, l'auberge du Refuge ne serait plus pour longtemps en sécurité. Quant à moi, il me fallait trouver un moyen d'échapper à ces ennemis avant toute chose. Le barbu interrompit
mes réflexions.
− Ces derniers jours, nous étions en train de préparer secrètement un plan pour chasser les Zalténites. C'est Siméon, le propriétaire de la taverne, qui en a eu l'initiative. Je faisais partie de cette résistance.
Siméon est parvenu à collecter et à cacher des armes quelque part en ville et il souhaitait les distribuer aux mineurs pour attaquer par surprise les pillards. Malheureusement, il a été trahi juste avant que l'on mette son projet à exécution. Ils l'ont attrapé chez lui et aux dernières nouvelles, il serait retenu prisonnier dans une cabane dans les bois. J'ai aussi
entendu dire qu'ils comptaient le torturer demain devant tout le monde pour en faire un exemple…
− Ils sont ignobles !
− Je ne te le fais pas dire. Ce sont des barbares et je ne crois pas qu'ils connaissent le sens du mot pitié. (Il marqua une pause avant de reprendre dans un souffle.) Si seulement quelqu'un pouvait le libérer, je suis sûr que Siméon saurait comment nous sortir de cette impasse. C'est un véritable meneur d'hommes.
Les autres prisonniers dans la caverne semblaient abattus, en proie à une profonde déprime. Mon mal de tête commençait lentement à se dissiper et j'en profitai pour me creuser l'esprit à la recherche d'un moyen d'évasion. L'idée du barbu de faire libérer le chef de la résistance d'Asguenn n'était pas mauvaise mais ce n'était pas en se morfondant dans cette geôle improvisée que les villageois allaient y parvenir.
Si Kity le furet accompagne Joan.
Sinon, il tente de rogner ses liens contre une aspérité rocheuse de la grotte. Lancez alors
les dés.
Si vous obtenez un chiffre compris de 2 à 6,
si ce chiffre est compris de 7 à 12.