Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Le forgeron était un gaillard de petite taille mais aux bras épais comme des jambons. Il s'activait seul sur une enclume et ne quittait son ouvrage que pour activer par moments le feu de sa forge à l'aide d'un immense soufflet. J'attendis quelques minutes et ma patience fut récompensée quand l'artisan finit par délaisser son ouvrage pour venir à ma rencontre.
Il ôta ses épais gants de cuir, s'essuya son front ruisselant d'un revers de la main avant de me saluer.
− Que puis-je faire pour ton service ?
Je lui exposai la raison de ma venue à Asguenn avant de lui soumettre ma proposition. Comme mon père l'avait prévu, le forgeron se montra fort intéressé à l'idée de gagner une provision de céréales et de haricots dans l'affaire mais il concéda n'avoir que peu d'armes en réserves.
− Si tu veux, je peux te préparer quelques arcs pour demain, j'ai juste à retendre les cordes, ça ne me prendra pas longtemps. Par contre, si ton père veut aussi des épées, je vais devoir repasser à la meule celles qui me restent.
− C'est que je suis vraiment pressé, protestai-je. Je dois repartir au plus vite, demain si possible. La route est longue d'ici à chez moi.
− Si tu les as demain après-midi, ça irait ?
Je réfléchis un instant en songeant au temps que j'avais mis pour venir à Asguenn.
− En début d'après-midi, alors ?
− Aucun problème, rétorqua l'armurier. Tu peux me faire confiance, je ne dormirai pas de la nuit s'il le faut mais tout sera prêt pour demain.
J'allais prendre congé du travailleur quand j'aperçus des pièces d'armures suspendues aux murs de la forge. Je n'étais pas bien riche mais ma rencontre avec les trois bandits de grand chemin m'avait échaudé et j'évaluai l'intérêt de me protéger en vue d'une éventuelle mauvaise rencontre à venir.
Si Joan souhaite acheter quelque chose au forgeron.
S'il préfère quitter les lieux pour trouver un refuge avant la nuit.