Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Un claquement retentit quand le guerrier tira avant que je ne sente le carreau d'arbalète ricocher contre ma cuirasse au lieu de s'enfoncer dans mes côtes. Je félicitai silencieusement les armuriers zalténites pour leur talent puis suivis Ana dans le boyau. Celle-ci emprunta un escalier qui grimpait sur la gauche mais après le premier coude, les marches s'arrêtaient devant un amoncellement de gravats. Le plafond s'était effondré pour une raison inconnue et avait rendu l'escalier totalement impraticable, ce qui expliquait pourquoi on y avait laissé les torchères vides une fois les flambeaux consumés. Nous nous tapîmes dans l'ombre contre les pierres de l'éboulement et je priai pour que les Zalténites nous dépassent sans penser à fouiller l'escalier. Les dieux entendirent mon appel.
J'attendis que leurs voix furieuses s'éloignent dans le corridor pour pousser un soupir de soulagement. Je m'attendais à une remarque ironique de la part d'Ana au sujet de mes crises d'éternuements intempestifs mais elle fixait les décombres avec dépit.
− Il fallait passer par ici pour atteindre la machine ?
− Oui, soupira-t-elle. La pièce du concasseur se trouve juste en haut. Quelle poisse !
− Il doit bien avoir un autre moyen de s'y rendre.
− Peut-être. De toute façon, nous n'avons pas trop le choix. Nous devons continuer… même si je ne sais pas où mène ce tunnel.
Nous regagnâmes la galerie après nous être assuré que les lieux étaient déserts. Nous ne devions pas perdre de temps car les Zalténites risquaient de revenir par ici dès qu'ils admettraient avoir perdu notre trace.
Nos pas nous menèrent bientôt à un embranchement où un boyau s'éloignait sur notre gauche tandis que celui que nous suivions continuait dans la même direction. Nous allions parvenir à cette intersection quand une silhouette voûtée apparut en provenance du couloir de gauche. Elle s'immobilisa lorsqu'elle nous aperçut. La vieille femme ployait sous le poids d'un épais fagot qui devait servir de combustible dans les mines. Ses yeux s'arrondirent de frayeur sous sa longue chevelure filasse et blanchie et elle se mit à reculer vers le tunnel qui nous faisait face en tremblant de tous ses membres.
Si Joan possède le talent bagout,