Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Un stratagème pour ralentir les chiens germa dans mon esprit mais il me répugnait de le mettre à exécution. Cependant, la menace des molosses dissipa mes réticences et je stoppai ma course pour sortir mon furet de mes vêtements et le déposer à terre. Kity me jeta un regard implorant et je lui caressai brièvement le museau avant de reculer. L'animal fit mine de me suivre mais je le chassai de la main puis repartit à la poursuite d'Ana qui avait continué à courir sans remarquer mon manège. J'espérais que les chiens repèrent l'odeur si caractéristique de mon furet apprivoisé et se lancent à sa poursuite ou qu'ils soient momentanément distraits par sa présence, le temps de nous laisser gagner le ruisseau salvateur. Ensuite, le lien mystérieux qui m'unissait à la petite bête saurait bien lui permettre de retrouver ma trace. Du moins, je l'espérais de tout coeur.
Mon plan dut porter ses fruits car j'entendis les aboiements faiblir en même temps que les chiens s'éloignaient dans une autre direction. Je rattrapai Ana au moment où celle-ci avait atteint un ruisseau aux eaux très vives et nous y immergeâmes nos bottes pour en remonter le courant.
Notre marche aquatique nous lassa rapidement et, comme nous n'entendions plus du tout les molosses, nous regagnâmes la berge pour y sécher nos pieds trempés. Pendant cette courte pause, la jeune femme remarqua mon air soucieux. Elle s'enquit de ce qui me préoccupait mais avant que je ne puisse lui expliquer la raison de mon inquiétude, une
boule de poils blancs surgit des buissons et se rua sur moi pour me lécher le visage.
Fou de joie à l'idée d'avoir récupéré Kity sain et sauf, je ne vis pas dans un premier temps l'expression stupéfaite d'Ana mais elle finit par me réclamer une explication. Je m'empressai de lui présenter mon affectueux compagnon et de lui expliquer de quelle manière il nous avait permis d'échapper aux chiens. A la fin de mon récit, elle adressa un sourire amusé à la petite bête, lui effleura le pelage de ses doigts si fins avant de se relever.
− Nous sommes tout près de la cabane, maintenant. Il va falloir redoubler de prudence.
J'acquiesçai et la suivis docilement une fois de plus. Mais au fond de moi, j'aurai bien aimé prolonger encore un peu cet instant rare de quiétude en sa compagnie. Comme si Kity avait deviné et jalousé mon intérêt croissant pour la jeune femme, il se frotta plusieurs fois à mon cou avant de regagner le refuge de ma plus grande poche.