Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mars 2014
La porte de l'auberge s'entrebâilla légèrement avant de se bloquer. Je m'appuyai contre le
battant et poussai jusqu'à ce que le panneau de bois s'arrache des gonds avec un
craquement sonore. Je faillis tomber à la renverse sous le poids de la porte qui me restait
entre les bras.
· " Vous inquiétez pas, je la remettrai en place. "
La voix de crécelle qui m'avait accueillie provenait du fond de la salle, une pièce sordide
décorée à n'en plus finir de bateaux miniatures couverts de poussière. Je replaçai tant bien
que mal le panneau en travers de l'ouverture puis me tournai vers la grand-mère décatie
qui venait de parler. Minuscule, les cheveux filasses, elle paraissait aussi misérable que
son établissement déserté par la clientèle.
· " Je suis vraiment navré pour votre porte…
· Oh c'est rien, j'ai l'habitude tu sais. Le petit Yanis doit venir la renforcer depuis
longtemps mais il est déjà bien occupé avec son travail. Les marins, ils n'ont jamais le
temps pour rien à part pour la pêche et la soûlerie. Je sais à quoi m'en tenir : mon
vieux Wilheim a passé sa vie sur un bateau et je l'ai vu juste le temps qu'il me fasse
cinq drôles.
· Euh… oui, je vois. C'est possible de passer la nuit chez vous ? A combien est la
chambre ? ajoutai-je en la voyant opiner du chef et en songeant à mon très maigre
pécule.
· T'inquiète pas pour ça. Je suis bien trop souvent toute seule et ça me fait bien plaisir
de partager mon bouillon avec un voyageur. Va poser ton sac en haut dans la
première pièce à main droite. Et redescends me voir dès que t'es prêt. "
Heureux d'avoir trouvé une hôtesse si accueillante, je fermai les yeux sur la crasse qui
imprégnait les draps du lit puis rejoignis la vieille afin de partager son dîner. J'avais déjà
mangé mais la chaleur de la soupe me fis le plus grand bien.
Si j'économisais mes pistoles ce soir là, je dus en contrepartie écouter pendant une bonne
heure les radotages de la tenancière qui ne prêta aucune oreille à mes propres malheurs.
J'eus seulement la confirmation que nul soldat n'était passé ces derniers temps par chez
elle, avant de trouver un prétexte pour aller me coucher. Joan regagne 3 points de
Vitalité.
Je me réveillai à l'aube et fis mes adieux à la vieille femme qui me proposa avant de partir
- en échange d'une pièce - un pot d'onguent de sa conception, à base de boue aux vertus
soi-disant thérapeutiques.
Si Joan accepte cette offre, ôtez 1 pistole de la bourse et ajoutez l'onguent au contenu du
sac à dos. Joan peut l'utiliser une fois seulement et en dehors d'un combat. Dans ce cas,
vous ajouterez 3 points à son total de Vitalité et supprimerez l'onguent du sac.
En sortant de l'établissement, je sentis la morsure du vent qui soufflait encore plus fort
que la veille. Je me dirigeai vers le centre de Kalfirk sous un ciel dégagé de nuages.