Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Alors que je m'apprêtais à rejoindre l'abri du chariot, mon compagnon à poils refusa de me suivre comme à l'ordinaire. Le furet tournait en rond nerveusement et quand je me levai, il se mit à pousser une série de couinements surexcités. Son attention était accaparée par d'épais buissons d'aubépines aux fleurs blanches. Intrigué par ce manège, j'examinai de loin le taillis en me doutant que son fort pouvoir odoriférant ne pouvait pas à lui seul mettre Kity dans un tel état de nervosité.
Le ciel était toujours aussi dégagé et le disque lunaire arrosait la forêt d'une lumière blafarde. J'attrapai mon arme avant de m'approcher avec circonspection des arbustes épineux. Le furet y disparut alors après être passé en trombe entre mes jambes. Si ma farouche bestiole avait ainsi pris les devants, le danger ne devait pas être considérable. Je contournai donc le taillis dans l'espoir d'atteindre une trouée me permettant de passer derrière l'obstacle. Je réussis finalement à me faufiler parmi les branches des aubépines pour découvrir Kity en train de renifler un corps étendu face contre terre. Le parfum douceâtre qui s'en dégageait me confirma que je n'avais pas découvert la cachette d'un dormeur à la belle étoile.
Malgré la pénombre, j'identifiai son uniforme comme étant celui d'un soldat du royaume. Un soldat d’élite plus précisément puisque ses effets étaient aux couleurs de l’ordre des écuyers.
Une très large entaille en travers du dos déchirait sa chemise souillée de sang ; l'homme avait dû ramper jusqu'ici avant de succomber à cette terrible blessure. Pourquoi se trouvait-il seul, si loin de la capitale ?
Surtout, qui avait bien pu oser s'en prendre à un représentant de l'armée de la Tannorie ? Je mis cet assassinat sur le compte de hors-la-loi de la Lande Perdue mais cette idée ne répondait pas à l'autre interrogation.
Perplexe, je me demandai déjà si je devais avertir la milice d'Asguenn de cette macabre découverte lorsque je repérai un petit bouclier rond attaché par une sangle à l'avant-bras du cadavre. Je reconnus une targe, souvent utilisée par les cavaliers puisqu'elle laisse les mains libres, permettant ainsi d'être protégé sur le flanc et de combattre tout en tenant
les rênes de sa monture. Doucement, je soulevai le bras du gisant qui était rigide et lourd comme de la pierre, libérai le bouclier puis le glissai ensuite de la même manière avant de le coincer autour de mon propre avant-bras. Muni de cette pièce d'armure, je me sentis une âme de guerrier alors que je devais paraître plutôt ridicule à arborer un bouclier métallique par-dessus mes habits de manant. Notez la targe parmi les objets divers. Elle procure 1 point de Défense supplémentaire à Joan tant qu'il la porte.
Kity attira une nouvelle fois mon attention par ses geignements aigus. Il avait délaissé le cadavre pour s'approcher d'un orifice de belle taille creusé dans le sol à quelques pas, et il montrait ses petites dents en fixant l'ouverture du regard. Intrigué, je me penchai sur le trou afin de voir ce qui effrayait tant le furet. Celui-ci demeurait en effet à une distance respectable sans cesser de grogner pour autant. L'orifice était plutôt large et curieusement lisse. Il y avait de fortes chances qu'il s'agisse de la tanière d'un serpent, une hypothèse étayée par la fureur craintive de Kity qui détestait ces reptiles.
Si Joan, poussé par la curiosité, glisse son bras dans le trou.
S'il préfère ramasser son animal et retourner au chariot.