Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mars 2014
Les deux femmes à la table pouvaient fort bien être la mère et sa fille au vu de leurs âges
et de leurs ressemblances, avec le même teint très pâle et la même blondeur de cheveux.
Je souris de la manière la plus avenante possible avant de timidement oser les aborder.
· " Navré de vous importuner mais j'ai perdu mes compagnons. Ce sont comme moi des
soldats du roi. Vous n'en auriez pas vu passer par ici, dernièrement ? "
La plus jeune ne put empêcher ses joues de rosir et c'est l'aînée qui me répondit d'un ton
enjoué.
· " Point vu passer d'autres étrangers pas ici, messire. C'est à propos des brigands que
vous êtes là ?
· Oui, c'est ça. Vous savez où se trouve leur repaire ?
· Que non et peu me chaut. Nous avons bien assez de souci par ici pour nous occuper
de ceux des autres. Tant qu'ils s'approchent pas de notre coin… "
Elle laissa la conversation en suspens et un silence gêné s'instaura tandis que les deux
femmes continuaient à ouvrir les mollusques. Plutôt que de m'éloigner tout de suite, je
préférai échanger encore quelques mots avec les villageoises.
· " C'est étonnant. Par chez moi, nous mangeons les huîtres et nous n'avons que faire de
leurs coquilles.
· C'est que ce sont des huîtres d'eau douce. Vous pouvez en goûter si cela vous chante
mais je ne vous le conseille pas : elles ont un goût de vase. Par contre, leurs coques
valent très cher. Elles sont belles et dures comme la pierre. Du coup, certains les
travaillent pour en faire des bijoux ou des ornements pour les riches et leurs maisons.
Il paraît que ça leur coûte autant que l'ivoire ! Enfin nous, on se contente de les
récolter et on voit pas la couleur de tout cet or… "
La porte de la cabane la plus proche claqua soudainement pour laisser le passage à un
homme furibond. De taille moyenne et de mince corpulence, il ne parut cependant pas le
moins du monde impressionné par ma stature et mon attirail car c'est à grandes enjambées
qu'il s'approcha. Parvenu à notre hauteur, il darda ses yeux verts dans les miens, me
pointa un index menaçant sous le nez et m'apostropha d'une voix hargneuse.
· " Qui es-tu, toi, pour venir conter fleurette à ma femme et ma fille ? "