Lecture des livres dont vous êtes le héros
26 Mars 2014
Les yeux clos, je goûtai avec délectation la chaleur du soleil et la douce brise qui m'effleurait la peau. Des oiseaux perchés se répondaient à coups de trilles mélodieux dans les arbres et, tout près de moi, je percevais les halètements de ma compagne.
Je battis des paupières, dénouai les attaches de mon casque afin de le retirer, puis me dressai sur un coude pour observer notre environnement.
Nous nous trouvions au bord d'un étang bordé de saules, dont le feuillage tombant trempait allègrement dans l'eau calme. Quelques ridules en bordure de la mare témoignaient de notre arrivée impromptue au milieu de ce cadre enchanteur. Une falaise déchiquetée, et abritant une foule de buissons vivaces, s'élevait à quelques pas de là. En levant la tête, j'aperçus un promontoire qui commençait à étendre son ombre sur l'autre côté de l'étang. Sous ce piton se trouvait l'ouverture par laquelle nous étions tombés.
Je fermai à nouveau les yeux en poussant un soupir de soulagement.
C'était fini. Nous avions quitté le royaume des horreurs.
Je voulus me lever mais un vertige me saisit aussitôt, me rappelant mon état de faiblesse avancé. Je roulai sur le côté pour me tourner vers Ana mais la jeune femme était bien plus proche de moi que je ne l'avais cru et je dus m'appuyer au dernier moment sur mes mains pour ne pas l'écraser.
Mes bras formaient un écrin autour de son doux visage et de sa chevelure d'ébène qui cascadait dans l'herbe. Ses yeux immenses, rivés à seulement quelques centimètres des miens, me contemplaient avec une expression indéfinissable, dans laquelle je crus néanmoins déceler un peu de crainte et de curiosité. Je percevais avec une acuité aiguë le
chaud contact de sa hanche contre la mienne, l'odeur saumâtre de la mare qui se mêlait au parfum sucré de sa peau, ainsi que les mouvements réguliers de sa poitrine. Son souffle s'était subtilement accéléré.
La fatigue et les émotions causées par notre fuite s'allièrent alors pour m'enlever toute inhibition. Mes lèvres s'approchèrent des siennes, les scellèrent d'un baiser prolongé, et je perdis tous mes moyens quand elle joignit ses mains autour de ma nuque pour répondre à mon étreinte.
Toutes mes pensées disparurent dans un maelström de délicieuses sensations. Du vif-argent coulait dans mes veines tandis que je me collais à son corps en regrettant l'armure métallique qui recouvrait mon torse. Lorsque Ana laissa échapper un mince gémissement, mon esprit entra en ébullition et ce fut un miracle si nous ne nous mordîmes pas les lèvres tant nous nous embrassâmes avec passion. Sous la houppelande trempée, mes mains frémissantes découvrirent un corps d'une volupté si incroyable que je n'eus d'autre choix que de l'explorer avec crainte et adoration. Ana interrompit soudain notre baiser pour me chuchoter à l'oreille.
− Plus tard, Joan. Il faut rejoindre mon père.
Je cessai aussitôt mes caresses et m'écartai doucement. Le désir incendiait mes entrailles et me laissait dans un état pantelant mais je ne manifestai pourtant aucune déception. Je ne parvenais tout simplement pas à redescendre de mon nuage.
− Je crois savoir où nous sommes, continua-t-elle en se relevant puis en essorant le bas de son pantalon. Si je ne me trompe pas, l'autel des anciens doit se trouver de ce côté.
Elle avait parlé comme si rien ne s'était passé mais ses joues empourprées trahissaient son émotion et elle s'empressa de quitter les abords de la mare.
Si une araignée a mordu Joan mais que ce dernier possède un antidote
Si aucune araignée ne l'a touché ou s'il a seulement subi leurs coups de pattes.