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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Une fois de retour à la caserne, Dross se retourna sans prévenir avec une affreuse grimace dessinée sur son visage ingrat.
· " Ça vous dirait de savoir ce qu'il y aura pour le dîner ? "
Devant nos mines interloquées, il s'esclaffa bruyamment, visiblement heureux de son trait d'esprit qu'il était le seul à comprendre. J'étais depuis longtemps familiarisé avec
l'humour très personnel et difficilement partageable du sergent. Mais à ce moment précis, je me dis qu'il battait ses propres records.
· " Allez les filles, suivez-moi dans la réserve. Je vais vous faire travailler encore un
peu. "
Une odeur désagréable de volaille vivante planait dans le garde-manger de la caserne. De longues caisses compartimentées et percées d'orifices sur leur couvercle emplissaient la moitié de l'espace disponible. C'était de là que provenait le fumet de fientes mêlées à de la paille pourrie.
Selon les instructions du sergent, nous les transportâmes jusque sur un terrain dégagé
situé à l'arrière du bâtiment principal. Nous n'apercevions aucun de nos autres camarades.
Sans doute s'étaient-ils réfugiés à l'intérieur devant les nuages gris annonciateurs de neige qui s'approchaient en un troupeau menaçant.
· " On va faire un lâcher de faisans et vous avez intérêt à ne pas en laisser échapper un
seul. Vu que le cantinier compte les faire mijoter pour ce soir, vous vous coucherez
tous le ventre vide s'il en manque un. "
Il attendit quelques secondes au cas où il nous aurait fallu du temps pour assimiler la
menace.
- " Je ne vais pas tous les utiliser. Il y en aura trois pour chacun de vous. Je les sortirai de leur cage à intervalles réguliers et vous devrez abattre les trois faisans en un minimum de flèches. Vous avez compris ? Joan, tu commences. T'as dix secondes pour te placer là-bas et te préparer ", me dit-il en m'indiquant une grosse pierre oblongue couchée dans l'herbe.
Il avait à peine terminé sa phrase que je bondissais déjà vers le rocher en sortant une
flèche de mon carquois. Une fois juché dessus, je levai mon arme vers le ciel. Ayant
grandi à la campagne, j'avais déjà pu apercevoir à maintes reprises ces volatiles à longue queue et au plumage coloré. Ils ne montaient jamais très haut et leur vol peu gracile donnait l'impression qu'ils étaient trop lourds pour s'élever loin au-dessus du sol.
Sans prévenir, Dross entrouvrit le panneau d'une caisse, le laissant béer juste le temps
qu'un faisan en sorte, avant de le refermer aussitôt.

Si Joan tire sur les oiseaux sitôt leur sortie de la cage, pendant qu'ils commencent à s'élever dans les airs,

s'il préfère les viser au cours de leur ascension et tirer au point culminant de leur vol.

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