Lecture des livres dont vous êtes le héros
22 Mars 2014
-Debout tas de pouilleux! Déblatère le contremaître décidément peu enclin au renouvellement en pénétrant dans la tente.
Votre cœur toque dans votre poitrine tandis que vous vous redressez en nage. Tout ceci n'était donc qu'un stupide rêve ? Il avait pourtant l'air si réel jusque dans ses moindres détails...
-C'est impossible, soufflez-vous.
Cet homme que vous avez vu était de par trop réel pour n'être qu'une invention, une affabulation onirique. Les rêves ne se contraignent à aucune logique, ne suivent aucune chronologie ou unité de temps. Vous êtes dans un endroit et passez dans un autre au fil de vos pensées. Aucun rêve n'aurait pu retranscrire si parfaitement la réalité. Aucun.
-Ecoutez moi bien bande de larves, aujourd'hui nous allons recevoir une visite importante, pour voir si les travaux s'passent bien, les chiens de votre espèce faut que ça serve à qu'est qu'chose, alors...
Vous ne parvenez pas à rester concentré sur sa stupide déblatération tant votre esprit demeure embrumé de questions. Agité du sentiment étrange d'être pris dans les filets d'un destin qui vous dépasse, c'est la première fois depuis une éternité qu'un changement survient dans votre vie. Et si tout ça n'avait été en fin de compte que le fruit de votre imagination, qu'avez-vous donc à perdre à vous y accrocher ? N'est-ce pas d'abord en imagination que tout commence, par le truchement de l'esprit que toute révolution, décision ou dessein voit ses contours se dessiner ? Vous qui étiez si pressé de vous en échapper lorsque vous vous en sentiez prisonnier, regrettez maintenant amèrement le vieil homme chaleureux et sa charmante maison.
Si seulement c'eut été là-bas la vraie réalité, et ici le cauchemar...
La gorge nouée, vous passez machinalement vos doigts sur votre tempe. Ils reculent vivement crispés par la douleur au contact de la grosse bosse formée sur votre crâne.
Une douzaine de gardes escortent votre groupe au sortir de la tente et vous disposent à vos travaux respectifs, comme de coutume votre robuste physionomie vous désigne à la démolition avec votre masse. A côté de vous deux autres esclaves sont déjà affairés à la tâche.
Transgressant l'interdit vous ne pouvez-vous empêcher de chercher à attirer leur attention. -Hé pss. Chuchotez-vous à l'intention de celui qui vous est le plus proche, qui tourne vers vous un regard morne et inexpressif.
-Tu sais qui va venir sur le chantier ?
-On a pas le droit de parler...Laisse-t-il tomber aussi péniblement qu'une tonne de plomb avant de détourner les yeux.
Allez-vous tentez de le persuader en lui administrant un grand coup de masse sur le crâne,
continuer à patiemment casser votre bout de mur
ou vous aventurerez-vous à demander au garde situé non loin de là ?