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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Abandonnant le dénommé Gert aux soins de villageoises qui s'occupaient d'autres blessés, je m'approchai d'un homme à la tignasse hirsute et portant un tablier de cuir.
− Savez-vous où je peux trouver Ana ?
L'individu m'adressa un regard dénué de compréhension.
− Ana, la fille de Siméon ! insistai-je avec impatience.
Le menton de l'homme s'affaissa et je crus qu'il ne parviendrait pas à sortir de son hébétude. Finalement, il détourna les yeux et m'indiqua l'allée séparant la taverne du manoir avant de s'esquiver en vitesse. Mon coeur se glaça sous l'effet d'un sombre pressentiment.
Presque malgré moi, je m'approchai des trois corps qui reposaient sur la terre battue, attendant d'être à leur tour emportés sur la pile de cadavres.
L'une des victimes s'était adossée à un mur avant de trépasser. Elle gisait dans une posture pitoyable, le dos courbé, la tête entre ses jambes écartées, les bras repliées sous le ventre et les mains agrippées à l'empennage d'un carreau qui s'était enfoncé dans son torse. L'ample chevelure d'ébène dissimulait le visage en se mêlant à la poussière mais la
houppelande qui habillait la silhouette sonna le glas de mes ultimes espérances.
Je tombai à côté d'elle, sur les genoux, l'esprit vide. Mon doigt glissa sur ses souples mèches d'ébène tandis que je murmurais son nom à plusieurs reprises. Je m'asseyais finalement à ses côtés pour la prendre des mes bras, comme pour un enfant que j'aurais souhaité consoler. Mais c'est moi qui me mis à sangloter silencieusement, la tête blottie contre son épaule encore tiède.

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