Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mars 2014
De retour à la caserne, le sergent nous fit passer par l'armurerie pour prendre les bâtons
de combat déjà utilisés la veille. Mais le voir ôter les calottes rembourrées qui
protégeaient leurs extrémités ne m'inspira rien de bon. Les armes sous le bras, il nous
conduisit ensuite dans un entrepôt tout en longueur qui servait de remise à un bric-à-brac
inutile accumulé depuis des années. Tous les meubles et pièces d'équipement inusités
avaient été repoussés à un bout de la pièce pour laisser un vaste espace dégagé. L'arène,
donc.
Dross nous distribua les bâtons avant de nous expliquer la nature de cette nouvelle
épreuve.
- " Vous allez encore vous battre aujourd'hui. Mais cette fois, ce sera tous en même
temps. Le gagnant sera celui qui restera tout seul à la fin. Dès que l'un de vous tombera, il
sera éliminé et devra aussitôt se reculer pour ne pas gêner les autres. Tous les coups sont
permis, vous avez le droit d'utiliser le bâton mais aussi vos pieds ou vos poings, peu
importe. Interdiction par contre de frapper à la tête. Si j'en vois un qui ose faire ça, il en
recevra le double de ma part.
Sinon, même les coups par derrière sont permis, les alliances si vous voulez, le style
importe peu. Ce qui compte, c'est de rester le seul debout à la fin. Des questions ? "
Personne ne répondit, les règles du jeu étant cruellement simples. Dross s'avança au
milieu de l'espace dégagé puis nous demanda de nous placer autour de lui, séparés les uns
des autres par plusieurs pas de distance. L'image incongrue d'une étoile à cinq branches
me vint à l'esprit, mes camarades et moi positionnés à chacune de ses pointes.
Tandis que le sergent quittait notre cercle, j'agrippai fermement des deux mains mon
bâton tout en observant les autres concurrents. Zentile se trouvait à ma gauche et Garett
sur ma droite. J'abandonnai tout de suite l'idée d'agresser les deux autres, ne souhaitant
pas traverser le cercle et m'exposer alors à diverses attaques. Les yeux bleus de mon
compagnon de chambrée ne cessaient de se porter sur les autres visages, comme s'il
sondait l'âme de chacun pour déceler un point vulnérable ou une faille invisible. Le jeune
Zentile, quant à lui, se passait nerveusement la langue sur les lèvres en jetant des coups
d'oeil anxieux dans ma direction ainsi que vers Duncan à sa gauche.
Lorsque le sergent nous intima l'ordre de commencer, nous restâmes un certain moment
immobiles, sans oser prendre l'initiative des hostilités.
· " Bon sang ! Allez-y bande de pleutres ! hurla soudain notre supérieur au comble de
l'exaspération.