Lecture des livres dont vous êtes le héros
30 Mars 2014
Je parvins tant bien que mal jusqu'au comptoir où je mis une bonne minute avant de
réussir à attirer l'attention du tavernier, un homme encore jeune et souriant.
· " Qu'est-ce qu'il te faut, voyageur ? Crénom… Tu es blessé ! s'exclama-t-il en
s'approchant de moi, une expression franchement inquiète sur le visage. Qui t'a fait ça
? Où se trouve le reste de la troupe ? "
Ma réponse fut interrompue par un concert d'éclats de rire avinés en provenance d'un
groupe accoudé au comptoir. Il était impossible de se faire entendre au milieu de ce
vacarme et l'aubergiste me fit signe de le suivre par une petite porte située derrière lui. Je
pénétrai dans la réserve et là, au milieu des barriques et des caisses de poissons salés, je
lui racontai le sort tragique du cinquième bataillon. Au terme de mon récit, le tavernier
secoua la tête d'un air navré en ignorant les beuglements de sa clientèle assoiffée qui
réclamait son retour.
· " C'est terrible… On a déjà entendu parler par ici de ce qui se passe dans les autres
îles. Même à Vargass, il y a des pêcheurs et des fermiers qui se seraient fait trucider.
C'est pour ça qu'on n'a pas trop été surpris de voir des soldats débarquer ; on se
doutait bien que vous veniez pour eux. Mais ça va être la panique quand on va savoir
que ce sont des créatures des Dures Terres qui se cachent dans le coin. Vaudrait
mieux pas que tu en parles tout de suite autour de toi. Nous sommes d'honnêtes
travailleurs mais pas des combattants. Le métal est rare dans nos îles et les armes
encore plus. Personne ici n'est en mesure de faire face à un tel danger.
· C'est pour ça qu'il faut prévenir l'armée au plus tôt. Est-ce qu'on peut m'emmener
rejoindre un autre bataillon sur Torte ou Kirb ?
· Pas pour le moment. Il y a un sacré grain en mer avec des lames d'au moins douze
coudées. Ça risque de durer encore pendant deux ou trois jours. Tu ferais mieux de te
reposer en attendant, tu m'as l'air bien mal en point. "
Il sortit une clé passablement rouillée de sa poche puis me fit signe de retourner dans la
salle de bar. Les hurlements d'impatience éclatèrent de plus belle lorsqu'il me conduisit à
une chambre à l'étage. L'aubergiste refusa tout paiement et je m'étendis sur le lit sitôt qu'il
eut refermé la porte derrière lui. En dépit de l'infernal brouhaha, je dormis comme une
souche.
Joan regagne 3 points de Vitalité.
Je me levai à l'aube, ragaillardi par cette nuit confortable. Je ne vis nulle part mon hôte
sympathique dans la salle du rez-de-chaussée à présent déserte. Après l'avoir hélé en vain, je sortis face au port de Stromness.