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Le Site dont vous êtes le Héros

Lecture des livres dont vous êtes le héros

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Il semble que l'imprégnation que votre pouvoir d'immortel a laissé en lui, a permis à l'âme de cet humain de rester suspendue au fil tendu de la mort. Sa détermination et sa volonté de vivre sont telles qu'il a réussi à réintégrer le royaume des vivants.

L'espace qui vous entoure ressemble à un désert aride et infini noyé dans les étoiles, le vent s'engouffre dans votre chevelure tandis que vous regardez d'un œil impassible le petit homme brandir son épée devant lui.

-Ma soif vengeresse ne trouvera satisfaction que lorsque le dernier des habitants des deux mondes verra ses tripes se répandre sur le sol, et tu seras le premier à voir ton propre sang t'asperger le visage ! Rugissez-vous en faisant apparaître votre terrible faux maléfique dans votre gantelet.

-Jamais je ne te laisserai me reprendre ce qui m'appartient ! Hurle le petit homme avant de se jeter sur vous dans un dernier assaut aussi désespéré que dérisoire.

La suite du combat est cousue de fil blanc. Car vous êtes Abandon, le tout puissant démon, la terreur d'Alderim, et rien ni personne ne se dressera sur votre route.

Le corps de l'humain gît maintenant à vos pieds, ses yeux s'emplissent de larmes et finissent par se fermer pour la dernière fois. Une violente nausée monte en vous alors que vous contemplez ce corps désarticulé par la violence de votre ultime assaut. Vestige d'une intimité de sentiments humains nauséabonds qui vous est insupportable.

Vous ouvrez les yeux, le visage d'une femme est penché sur le vôtre en proie à une vive inquiétude. Vous clignez des yeux quelques instants en comprenant ce qui vient de se passer. Ce combat qui vous opposa à l'humain n'était pas de chairs et d'os, ce n'était pas son corps que vous avez brisé, c'était son âme que vous avez anéantie, libérant ainsi la vôtre de sa prison dimensionnelle. Dans ce tas d'immondes viscères suintantes et veineuses, une seule entité siège désormais : la vôtre.

-Tu vas bien ? S'inquiète la femme.

Mais elle n'obtient comme toute réponse qu'un craquement atroce. Le crâne de l'humain se déchire sous la pression des tissus laissant apparaître vos monstrueuses cornes démoniaques. La femme pousse un hurlement de terreur en reculant sur le sol tandis que vous arrachez les derniers lambeaux de chair qui vous entravent, jetant un flot de sang sur le sol.

Votre musculeuse silhouette se met debout et après avoir jeté le corps déchiqueté de toutes parts derrière vous d'un geste vif, vous respirez pour la première fois - et ce depuis des siècles - l'air d'Alderim.

Une épouvantable panique se répand aussitôt parmi les magiciens dans la salle. Leur plus grande peur vient de se matérialiser sous les yeux. D'un mouvement ample vous fait apparaître votre fidèle arme et fauchez celui qui se trouve proche de vous, le tranchant littéralement en deux, sous les yeux horrifiés de ses comparses.

La femme, folle de rage d'avoir perdu son amour, se jette sur vous, avant de s'écrouler sur le sol quelques secondes plus tard, la nuque brisée par une foudroyante attaque.

Vous prenez une profonde inspiration, et soufflez de toute votre puissance sur le cercle tracé au sol, la craie qu'ils avaient utilité se volatilise aussitôt, mettant un terme définitif à tout espoir pour Alderim de vous renvoyer dans les abysses.

L'armée de vos fidèles démons est déjà dans le palais non loin de là, et les quelques survivants qui restent ne tarderont pas à partager le sort de vos premières victimes. Car plus rien ni personne ne pourra vous arrêter.

Vous avez fait le choix du mal. Les deux mondes ne tarderons pas à devenir entre vos griffes, l'enfer dans lequel vos ennemis ont eu l'audace de vous plonger. Et quand bien même parviendraient-ils à vous repousser encore. Le temps finira tôt ou tard par les rattraper, et les deux dimensions finiront par s'entre-déchirer.

Condamnées à jamais à succomber à l'inéluctable ressac, de l'écume des temps.

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